❤ « De mémoire » de Yamina Benahmed Daho (Gallimard, 2019)

Je souhaitais découvrir la collection L’arbalète des éditions Gallimard et c’est désormais chose faite avec ce roman dont la lecture m’a beaucoup marquée. Le roman d’une femme qui met des mots sur un drame vécu par certaines, sur une peur vécue par d’autres. Une violence qui ne peut laisser personne insensible.


Quatrième de couverture : « C’est arrivé hier, en pleine nuit, alors que je retournais chez une amie. Quand je lui ai montré les bleus sur ma cuisse, elle m’a conseillé de consulter. J’ai hésité. J’habite à huit cents mètres mais j’ai hésité à venir parce que j’ai peur de sortir. Et maintenant que je suis ici, j’ai peur de rentrer.

De mémoire raconte une femme, Alya, qu’une tentative de viol réduit à l’immobilité et à la peur. Les insomnies et les cauchemars, la tristesse et la solitude dans laquelle son corps s’enferme l’éloignent de plus en plus d’elle-même.

À l’ouverture de l’enquête policière, elle se débat pour dépasser la violence subie. Elle s’engage dans le labyrinthe de la mémoire et se souvient. De chaque détail perdu dans la nuit de l’agression, de l’histoire familiale qui prend racine en Algérie, de la femme libre qu’elle croyait être. »


Une femme, une nuit. Un prédateur a repéré sa proie. Une femme est agressée. Une vie s’effondre, enfermée dans un instant permanent, prisonnière de minutes interminables qui reviennent en boucle. Alya a été agressée par un homme qui ne voyait en elle qu’un sexe, qui a nié sa liberté, sa dignité, son humanité. Alya a du mal à exister à nouveau dans ce monde désormais plein de peur.

Cette femme c’est un peu nous. Cette peur dans la rue, le jour et encore plus la nuit, c’est nous. Libres, nous le sommes dans nos convictions et dans nos choix. Les combats de nos mères et leurs routes nous ont portées sur cette voie de la liberté (quand celle-ci était accessible). Mais une personne peut briser ce sentiment de liberté, ce sentiment de s’appartenir pleinement.

C’est cette douleur que Yamina Benahmed Daho raconte avec une grande justesse, dans ce que confie la narratrice aux médecins, psychologues, policiers, avocats. Le cheminement d’une femme dont le corps a été réduit au sentiment de peur et de violation qui va réussir à se reconstruire, soutenue par une mère pleine de force, une rencontre, mais aussi grâce à elle-même.

L’auteure nous amène à réfléchir à la place de la femme dans l’espace public ainsi qu’aux enjeux de justice dans la reconnaissance des victimes mais avec toujours une frustration tenace. La qualification des actes implique une hiérarchisation des victimes, toutes blessées dans ce qu’elles ont de plus intime. Sans oublier qu’un prédateur jugé n’arrête par les autres.

Un roman qui marque le cœur et l’esprit. Un roman malheureusement trop d’actualité mais nécessaire. Merci Yamina. Rendez-vous est pris avec Poule D.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Pas de chronique trouvée pour le moment.


 

Et vous, avez-vous lu des romans de cette auteure ?

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