« Celle du milieu » de Kirsty Applebaum (Flammarion jeunesse, 2019)

Ce roman adolescent m’a tout de suite rendue curieuse : la séparation des espaces et des êtres, la mise en avant de certains par rapport à d’autres, voilà un sacré programme qui peut être porteur de sens dans sa déconstruction !


Quatrième de couverture : « Le courage ce n’est pas l’absence de peur, c’est savoir l’accepter et l’affronter.

Maggie vit avec ses deux frères, dans une communauté coupée du monde. Elle, c’est celle du milieu, celle que personne n’écoute. Un jour Maggie rencontre Una, une fille de l’extérieur qui lui demande de l’aide. Maggie y voit la chance d’être enfin remarquée. Mais la loi est claire : il est interdit de s’aventurer au-delà des frontières… »


Maggie est une adolescente coincée derrière un frère aîné qui, du fait d’être né le premier, a automatiquement reçu l’étoffe d’un héro dans cette communauté qui vit séparée de tout. Il paraît qu’une guerre fait rage à l’extérieur et, pour protéger le village, chaque aîné est désigné pour, dès l’âge de quatorze ans, partir dans un camp militaire et combattre.

Mais combattre qui ? L’étranger. Celui de l’extérieur. Peu d’informations précises viennent étayer cette guerre silencieuse qui est pourtant bruyante dans les esprits. En plus de ce conflit fantôme, il est absolument interdit de sortir des limites du village. Dehors, des vagabonds sournois, menteurs et lâches. Ils tuent des familles entières, gardent prisonniers des aînés et mettent le feu aux maisons. Il paraît.

Sa place du milieu, Maggie en a un peu marre, même si elle aime ses frères. Alors quand elle va avoir l’occasion de se faire remarquer en piégeant des vagabonds, Una et son père, hésitera-t-elle ? Verra-t-elle en l’autre son propre reflet avant qu’il ne soit trop tard ? Reverra-t-elle un jour son frère Jed qui, du haut de ses quatorze ans, est en route pour le camp militaire ?

Ce roman est une démonstration de l’autoritarisme, celui qui n’est pas remis en question parce que c’est comme ça et que l’on poursuit sur la lignée des générations précédentes, parce que la confiance n’est pas toujours donnée aux bonnes personnes. Un récit qui rappelle la dangerosité de certains discours clivants et stigmatisants, qui interroge aussi les intérêts que certains trouvent à entretenir une peur irrationnelle dans la population.

Si le récit se développe sur un sujet particulier, certaines lignes viennent questionner le monde actuel et certaines théories du complot qui violentent et saignent les cœurs et les corps. Un roman qui se lit très bien et avec aisance, et qui permet aussi de confronter le personnel et le collectif en montrant que les deux ne sont pas antinomiques mais plutôt des vases communiquants.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Petit moment littéraire


 

Et vous, quelle est votre dernier livre pour la jeunesse lu ?

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