❤ « En attendant Eden » d’Elliot Ackerman (Gallmeister, 2019)

J’ai été complètement happée par ce roman. Un récit qui nous entraîne dans les traumatismes liés à la guerre du côté à la fois des soldats mais aussi de leur famille. Un livre qui n’est pas sans en rappeler un autre, dans mon cas, à savoir Sale boulot de Larry Brown. Les guerres ne sont pas les mêmes, mais les blessures et les souffrances sont sensiblement similaires.


Quatrième de couverture : « Tous les jours, Mary est tout près de son époux, à l’hôpital. Tous les jours depuis trois ans, après son retour d’Irak. Eden est inconscient, et ses blessures ne guériront pas. Personne ne sait plus comment l’appeler, sauf elle : c’est son mari, et il est toujours en vie. Leur fille, qu’Eden n’a pas eu le temps de connaître, grandit dans cet hôpital où Mary attend avec patience et détermination un changement. Un jour, en son absence, Eden semble trouver un moyen de reprendre contact avec le monde extérieur. Dès lors, c’est Mary seule qui aura la responsabilité d’interpréter ces signaux et de prendre des décisions, ramenée tout d’un coup face à certaines vérités troublantes sur leur mariage.

D’une profonde humanité, En attendant Eden est une méditation perçante sur la loyauté et la trahison, la peur et l’amour. »


Je vous mets au défi de reposer ce livre avant de l’avoir terminé (bon, sauf si c’est pour dormir et le reprendre dès le réveil – préférez donc le week-end). Elliot Ackerman nous livre ce récit du point de vue d’un ami proche d’Eden qui, lui, n’a pas survécu à la mine sur laquelle ils sont tombés. Cette mine qui va laisser le personnage principal dans un état physique estimé être le plus grave de cette guerre, en Irak.

Coincé dans un corps qui est davantage une prison, Eden attend inlassablement. Depuis des années il attend et est terrifié par le bruit des insectes qu’il imagine grouillants dans sa chambre d’hôpital, au service des grands brûlés. Mary, sa femme, attend elle aussi. Elle attend qu’il montre des signes réels de vie, une possible interaction, ou qu’il expire son dernier souffle. D’ici ce dernier souffle, elle sera sa femme. Jusqu’au bout.

La narrateur, après avoir planté le décor de ce couple aussi amputé que l’est le corps d’Eden, va alterner les points de vues et les périodes pour construire petit à petit le passé du couple jusqu’à aujourd’hui. Comment en est-on arrivés là ? C’est pourtant une histoire d’amour que nous découvrons. Une histoire compliquée dans laquelle les choix se font parfois mal pour de bonnes raisons et vice-versa. Une histoire dans laquelle l’armée et la guerre détruisent ce qui aurait dû être beau, qui avait tout pour l’être.

Ce livre m’a beaucoup touchée, comme l’avait également fait celui de Larry Brown. Il rappelle ce que certains hommes ont perdu : que ce soit le corps ou l’esprit. Parfois les deux. Il met aussi le doigt sur la difficile dernière heure dont l’aspect libérateur est culpabilisant mais dont l’arrivée tardive transforme les secondes en supplices. L’amour est parfois bien complexe, c’est peut-être cela qui le rend beau et qui fait qu’il est l’un des grands sujets de la littérature depuis toujours.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : La nuit je mensjiemde


 

Et vous, est-ce un sujet de lecture qui pourrait vous tenter ?

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