« Sans même nous dire au revoir » de Kentarô Ueno (Kana, 2011)

Je commence fort cette chronique en reconnaissant que j’ai des a prioris vis-à-vis des mangas. Oui, c’est vrai. Mais je les travaille en essayant d’en découvrir qui correspondent à mon univers littéraire. Quand j’ai lu la quatrième de couverture de celui-ci j’ai tout de suite voulu en savoir plus. Et je ne suis pas déçue même si j’ai eu le cœur brisé.


Quatrième de couverture : « 2004, Kentarô Inoue est mangaka. Il habite avec sa femme et sa fille de 10 ans, dans une petite maison qui lui sert aussi d’atelier. C’est une famille heureuse même si sa femme souffre d’une maladie. Elle se soigne et tout a l’air de bien se passer. Jusqu’au jour où, avant d’aller se coucher, Inoue la retrouve allongée face contre sol. Sans même nous dire au revoir raconte ce qui se passe après dans la vie de l’auteur jusqu’à aujourd’hui. »


Ce récit est une histoire vraie. C’est l’histoire de Kentarô qui a perdu sa femme. Comme ça. Sans prévenir. Une fragilité au coeur. Et puis plus rien. Elle est partie. Sans dire au revoir. Sans souffrir, aussi.

Kentarô se retrouve seul avec sa fille de dix ans. Déclarer le décès, accueillir le corps pour un dernier adieu dans le foyer, suivre les rites funéraires et revenir dans une maison vide, sans l’amour de sa vie. Voir que le monde peut continuer à tourner sans Kiho, que les rues sont toujours les mêmes sans elles, c’est insupportable. C’est le deuil qui commence son long chemin.

Cette épreuve, Kentarô décide de la dessiner le plus tôt possible, en étant dans l’épreuve afin de témoigner. Cela ne l’empêche pas d’avoir un regard critique sur cette période et ce qu’il en a exprimé lors de l’édition française. Mais ce témoignage c’est une déclaration d’amour. C’est un récit qui peut presque répondre au roman Vigile d’Hyam Zaytoun paru en ce début d’année et qui a bouleversé tant de lecteurs. Ici l’espoir n’a pas duré, le sujet se concentre à mettre un pas devant l’autre, à se souvenir et à nous confronter nous-même au quotidien.

Aimons-nous assez les personnes qui nous sont chères ? Leur disons-nous assez bien et leur montrons-nous comme il faut ? Kentarô nous demande d’y penser à la lecture de ce manga autobiographique, comme s’il nous permettait de ne pas passer à côté de certaines choses afin de ne pas porter de possibles regrets. *Donc, depuis que je l’ai lu je m’accroche à mon chéri comme une moule à un rocher. #rationnelle*

Ce récit permet également de poser un pied (mais délicat) dans la culture japonaise. J’ai beaucoup aimé les rites, les traditions et le mélande de douceur et de pudeur représentés par l’auteur. C’était triste et beau à la fois, même si le premier l’emporte sur le second.

Merci, monsieur Ueno, pour cette leçon de vie et cette leçon d’amour que le quotidien semble parfois ternir et pourtant…

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Pas de chronique trouvée pour le moment.


 

Et vous, connaissez-vous ce manga et l’avez-vous aimé ?

5 commentaires

  1. C’est assez classique visuellement (après je ne suis pas experte du tout ^^) mais l’histoire est vraiment touchante. Je suis très sensible aux récits réalistes et je dois dire que ça a parfaitement répondu à ce que j’attendais. 🙂

    Aimé par 1 personne

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