« Un bon rabbin » de Manuel Benguigui (Mercure de France, 2019)

Cette parution m’avait beaucoup intriguée en début d’année, elle annonçait autant un sujet de réflexion sérieux (le bien et le mal) qu’un moment d’humour.


Quatrième de couverture : « Chlomo avait entendu toutes sortes d’histoires, mais bien sûr celle-ci était à part. Il se comporta toutefois comme avec tous les gens qu’il rencontrait, il écouta sans juger. Le rabbin pensa instantanément à ce qu’il pourrait faire, mais il n’osa pas. Il n’avait pas le droit, et il en serait de toute façon bien incapable. Chlomo savait qu’il finirait tout de même par proposer son idée. Il demanda la permission à Dieu, solennellement, arguant de la sincérité de sa démarche. Dieu ne manifesta aucune objection. Il laissa Chlomo décider.

Chlomo est un rabbin qui veille avec beaucoup d’affection et de miséricorde sur sa petite communauté de fidèles. Lorsqu’il rencontre l’énigmatique Jacob, sa vie prend un tour inédit. Car Jacob est un tueur à gages névrosé, proche de la dépression. Pour lui laisser le temps de se refaire une santé et de trouver son chemin, Chlomo décide de prendre sa place. Mais les nouvelles activités du rabbin ont des conséquences : il néglige ses fidèles, rate le shabbat. Dans son entourage, on commence à se poser des questions…

Ce roman irrévérencieux et teinté d’humour interroge avec finesse les notions de Bien et de Mal, ainsi que l’inversion potentielle des valeurs. »


Drôle de situation, quand même, qu’un rabbin qui va prendre la place d’un tuerur à gages afin que celui-ci puisse se reposer et faire le point sur sa vie. Autant dire que Chlomo a d’une certaine façon le coeur sur la main et le doigt sur la gachette. Mais avec ce remplacement, c’est aussi l’argent qui va arriver dans la vie de cet homme dont la communauté ne parvient par à entretenir et rénover la synagogue. D’ailleurs, de communauté, il ne reste pas gand monde : principalement un groupe d’hommes d’un certain âge et la femme de ménage. Ceux sont eux qui m’auront le plus fait sourire. Infinement attachants dans leurs caractères un peu caricaturaux, mais ça fonctionne !

Alors : si tu fais le bien autour de toi en tant que rabbin, que pour aider un homme tu le remplaces pour tuer à sa place (là ça se corse un peu) mais que tu aides avec l’argent gagné par le meurtre, as-tu des circonstances atténuantes ? Tirer du bon d’un acte jugé mauvais, est-ce encore tirer du bon, en somme ? Le bien peut-il se mêler de façon aussi proche et parfois confondante avec le mal ?

Un roman qui se lit avec une rapidité qui en dit long sur sa fluidité et la capacité de Manuel Benguigui à nous embarquer dans ses aventures, j’en attendais peut-être un peu plus de folie ou même parfois de légèreté loufoque, mais ce fut un agréable moment de lecture.

Pour en savoir plus

Et vous, avez-vous un autre roman de cet auteur à conseiller ?

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