« La morsure » de Fred Dewilde (Belin, 2018)

J’ai encore du mal à lire des livres sur les attentats récents. C’est la proximité dans le temps qui me secoue un peu trop fort je pense. C’est le fait de me souvenir concrètement, comme énormément de personnes, où j’étais et ce que je faisais en apprenant la nouvelle qui m’empêche peut-être une mise à distance nécessaire. Mais voyant ce roman graphique qui parle de l’après, je me suis laissée approcher.


Quatrième de couverture : « Un récit graphique personnel sur l’après-Bataclan.

Fred Dewilde est un homme de la résilience. Il a vécu de l’intérieur les attentats qui ont plongé la France dans un état de sidération. Quelques mois après l’attaque du Bataclan, il tente de renouer avec une vie familiale heureuse et légère. Cependant, l’annonce des attentats de Nice le replongent dans la peur mais aussi le refus de la haine.

C’est par le dessin de Fred Dewilde a choisi d’exprimer les échos et les mécanismes du traumatisme. Pour lui, et plus encore pour ses enfants, il raconte la douleur qui envahit les victimes de cette guerre d’un genre nouveau… Profondément blessé, il lutte contre le désir de vengeance. Chaque planche de cette bande dessinée donne à voir toute l’humanité d’un des survivants du terrorisme contemporain. »


Fred Dewilde nous propose son histoire, sa reconstruction après avoir été victime de l’attentat au Bataclan, sa vision du monde et de la société qui l’entoure, pour qui la peur n’est jamais loin. Quand l’impossible et l’horreur se produisent, comment ne pas imaginer le pire pour chaque lendemains ? Comment échapper au piège de la paranoïa ?

À l’occasion de vacances en famille il nous parle de ses angoisses, de son sommeil qui ne vient pas et, quand il finit par venir, n’est pas réparateur. Sa peur, il l’illustre comme une morsure qui laisse un venin noir, peu à peu, elle menace de se répandre à son corps entier. Cette peur qu’il a en lui mais qu’il essaye de contrôler ne peut rien face à la celle, collective, qui l’entoure dans le quotidien et qui est portée par d’autres gens.

Sept mois après le Bataclan, il y a Nice. Alors tout le travail de reconstruction tombe en miettes. Le cauchemard recommence. Obsédé par la mort et par la guerre, noyé sous des constats d’inhumanité, inquiet pour ses enfants et le monde qui s’offre à eux, le combat qui se présente est celui-ci : conserver sa propre humanité et rejeter les replis communautaires et identitaires, ne pas se faire piéger par la facilité de la vengeance aveugle. La dédicace à toutes les victimes de violences, où qu’elles soient, montre bien ce positionnement de l’auteur-témoin.

Le roman graphique m’a fait penser à un fanzine : dans un mélange d’intimité et d’un besoin urgent de mettre sur papier. Nécessaire.

Pour en savoir plus

 

Et vous, souhaitez-vous partager le titre d’un livre sur ce sujet ?

1 commentaire

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s