👁 « Un pacte avec Dieu » de Will Eisner (Delcourt, 2018)

J’ai souhaité poursuivre ma découverte de Will Eisner avec sa trilogie du Bronx car elle commence par un récit très personnel de l’auteur, bien qu’adapté de la réalité car trop douloureux à transmettre entièrement. Il me faisait aussi imaginer découvrir une vision de la vie des familles juives immigrées et cela m’intéressait beaucoup.


Quatrième de couverture : « Cet ouvrage est la réédition très attendue de ce qui demeure l’oeuvre majeure d’Eisner. Cette nouvelle édition est augmentée de plusieurs textes signés notamment de Scott McCloud (L’Art invisible) et de Will Eisner lui-même.

Au 55, Dropsie Avenue, dans le Bronx à New York, il y avait cet immeuble. Dans ces appartements vivaient les familles de petits fonctionnaires, ouvriers et autres commis… tous occupés à élever leur progéniture et à rêver d’une vie meilleure.

Les histoires recueillies dans cet ouvrage décrivent la vie telle qu’elle était dans ces immeubles, pendant les années 1930. Ces histoires sont toutes véridiques. »


Un pacte avec Dieu est ce qu’il est grâce à l’un des récits qui le composent, le récit éponyme. On y rencontre Frimm Hersch, un personnage aussi attachant qu’il est immensément détruit par la mort de sa fille. Pourtant, il a fait tout ce qu’il pensait devoir faire pour répondre aux attentes de Dieu, et tout le monde lui disait qu’il était avec lui. Alors pourquoi la mort d’une jeune fille qui commençait à peine à vivre ? L’histoire est très touchante et l’on ne peut qu’imaginer la peine de Will Eisner en l’écrivant et en la dessinant. C’est vraiment pour moi (et pour d’autres je pense) le récit clé de ce livre.

Les autres récits montrent la vie quotidienne dans l’avenue Dropsie en suivant plusieurs personnages : le chanteur de rue qui n’arrive pas à trouver de travail, l’ancienne diva qui se rêve une nouvelle gloire, le concierge intimidant qui va être victime de ses pulsions mal placées mais aussi du jugement intransigeant des locataires, une enfant qui aura peut-être compris la déformation de l’adage la faim justifie les moyens (mais ça reste carrément glauque), de jeunes gens à la recherche de fiançailles avec avantages pécuniers si possible, la violence envers les femmes, aussi.

Un ensemble de personnages et de situations qui rendent le livre à la fois passionnant et terriblement triste. On se sent comme dans un film noir, enthousiasmés par l’ambiance et le dépaysement mais bien contents de revenir ensuite dans notre réalité. Will Eisner transcrit une société malade de ne pouvoir vraiment vivre, une société qui a besoin de croire en de meilleurs lendemains mais qui ne choisit malgré tout pas toujours le bon chemin. On réalise à la lecture qu’à tout bon visage on attend d’en voir apparaître le côté sombre. Comme l’avenue Dropsie, qui possède les deux.

Un premier volet absolument remarquable ! Pour découvrir mon avis sur la suite de la trilogie, je vous donne rendez-vous mardi prochain !

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Comics Inside


 

Et vous, quelle littérature sur les années 1930 conseillez-vous ?

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