« Le parfum d’Irak » de Feurat Alani et Léonard Cohen (Nova éditions et Arte, 2018)

Je ne pense pas être la seule à ne pas comprendre grand chose à l’histoire contemporaine de l’Irak en même temps que je nous sais nombreux à toujours avoir entendu parler de ce pays à l’occasion d’actualités liées à la guerre.


Quatrième de couverture : « Roman graphique d’un genre singulier, Le parfum d’Irak est constitué des 1000 tweets que Feurat Alani a postés sur Twitter durant l’été 2016, poussé par la nécessité de raconter son Irak. L’auteur nous livre ses souvenirs avec émotion, depuis son premier séjour en Irak à l’âge de 9 ans jusqu’à sa décision de devenir journaliste pour couvrir la guerre sur place.

Ce témoignage puissant et unique, illustré par les magnifiques dessins de Léonard Cohen, offre un autre regard sur un pays trop souvent résumé par les images qu’en renvoient les médias. »


Feurat Alani est franco-irakien et quand il découvre enfant le pays de ses parents, il découvre un monde de parfums, une culture, un quotidien bien différent de celui en France, une famille restée au pays qui pense à lui malgré la distance. L’Irak sera désormais une partie concrète de ce qu’il est. Feurat nous raconte ses voyages sur plusieurs années : de son enfance à l’âge adulte, du temps innocent (mais pas aveugle) des vacances à l’engagement journalistique sur un terrain de guerre.

Le format des tweets demande de la concision et de la clarté au récit et le challenge est relevé haut la main. J’ai enfin eu le sentiment d’y comprendre quelque chose même si les différents courants religieux restent un peu opaques pour moi. Nous reprenons étape par étape les événements qui ont amené à l’occupation par l’armée américaine, la montée en puissance des intégrismes et la pleine éclosion de l’Etat islamique.

« Nous jouons au foot dans un petit stade, près d’une mosquée. Personne ne se doute que ce stade deviendra le cimetière des martyrs quinze ans plus tard. » (Tweet n°32)

Mais au-delà du récit géopolitique, nous voyons l’impact sur les personnes, les restrictions, les débrouillardises, les dangers, les peurs, les résistances, les exils, les pertes. Ce pays que Feurat a aimé, avec le parfum des abricots, n’est plus ce qu’il était. Cela ne l’empêchera pas d’immortaliser dans ses reportages la vie qui y résiste comme la mort qui y plane. Entre subjectivité et objectivité, ce livre est un voyage d’où nait de belles émotions autant que de la colère, un voyage que j’ai été heureuse de faire avec Feurat Alani et Léonard Cohen dont les illustrations sont absolument magnifiques.

Une fois le livre refermé il ne reste qu’une chose à faire : découvrir les épisodes animés diffusés sur Arte. Ou vice-versa, si vous n’avez pas encore ce livre dans votre bibliothèque. Pour ma part, j’attends aussi d’en savoir plus sur l’enquête que l’auteur souhaite mener sur l’origine des déformations constatées sur les nouveaux nés depuis 2004, depuis la bataille de Falloujah.

« Certains choisissent l’hommage silencieux. La réserve. D’autres ont besoin de faire entendre leur malheur. De le crier. » (Tweet n°994)

Pour en savoir plus

Découvrez dès à présent l’intégrale des animations tirées du livre :


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Laurent Gourlay


 

Et vous, quel livre sur l’Irak conseilleriez-vous ?

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