« Soixante-douze heures » de Marie-Sophie Vermot (Thierry Magnier, 2018)

Qu’ils sont rares les livres qui parlent des grossesses chez les adolescentes, qu’ils sont encore plus rares ceux qui abordent la question de l’accouchement sous X ! C’est donc avec beaucoup d’intérêt que je me suis lancée dans la lecture de ce roman qui nous intègre aux pensées d’Irène.


Quatrième de couverture : « Dans le silence de sa chambre d’hôpital, elle chasse l’air de ses poumons, puis reprend une inspiration et le chasse à nouveau, avec plus de vigueur cette fois. Par bribes, les souvenirs affleurent, qui reconstituent l’histoire. Ces derniers mois, ces dernières années. Sa rencontre avec ce garçon, fasciné par son ultrafinesse, le lycée, sa mère, ses secrets de famille. Malgré ses efforts, Irène est habitée par cette voix qui la poursuit et lui rappelle que ce bébé qu’elle vient d’expulser de son corps est le sien pour la vie. Tout se mêle, c’est le chaos dans son crâne et l’heure approche. Mais cette décision lui appartient à elle, et à personne d’autre.

Un texte rare qui dit, sans fard et sans jugement, un combat aussi intime qu’universel. » Feuilleter les premières pages


Les éditions Thierry Magnier sont décidément une référence forte pour moi pour ce qui concerne la littérature jeunesse et adolescente. Des textes sur des sujets forts qui brillent par leur intelligence et leur subtilité.

Ce livre se classe dans cette catégorie de romans qui nous marquent et avec lesquels un attachement se fait avec le personnage. Irène se bat pour sa liberté de choix, pour assumer cette grossesse non désirée. Et assumer, ce n’est pas forcément ce que l’on croit. Cela peut être accoucher sous X et donner à l’enfant un cadre d’éducation et de croissance dans une autre famille. Nous sentons la force du choix en même temps que la difficulté de choisir, nous savons que la séparation ne se fait pas par manque d’amour, bien au contraire.

Choisir en étant sûr de soi c’est une chose, choisir et rester ferme face à la pression de sa propre famille c’est autre chose. Dans un va et viens temporel qui nous ramène toujours au décompte des soixante-douze heures, nous découvrons une famille qui se déchire autour de cette grossesse et de l’enfant, un événement qui fera remonter d’autres histoires portées en secret et des frustrations mal digérées.

Ce roman soulève beaucoup de questions : pourquoi ne pas avoir voulu avorter quand il était encore temps ? Pourquoi alors ne pas vouloir garder l’enfant ? Comment se protéger d’un amour que l’on ressent entièrement ? Comment rester debout quand le soutien parental/familial n’est pas entier ? Comment continuer à vivre au milieu des rumeurs ? De nombreuses questions qui convergent vers le fait de disposer de son corps et d’avoir le choix.

Un texte fort et vif qui fait appel au respect autant qu’à la sensibilisation.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Livres de FolavrilL’île aux trésorsLes lectures d’EléonoreL’atelier des cœurs


 

Et vous, connaissez-vous d’autres livres sur ce sujet ?

4 commentaires

  1. Oh, même pour un adulte, ça doit être très marquant à lire ! J’aurais aimé lire ce genre de livres durant mon adolescence… Les adolescents d’aujourd’hui ont bien de la chance ! Merci de nous en avoir parlé en tout cas 🙂

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    1. C’est vrai que la littérature jeunesse et ado est vraiment très intéressante depuis quelques années ! J’ai beaucoup aimé ce livre et je suis d’accord sur le fait qu’un adulte peut être aussi très touché ! 🙂 Merci beaucoup à toi ! 😀

      Aimé par 1 personne

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