👁 « Les mille et une nuits de Krushnik » de Sholem-Aleikhem (L’Antilope, 2018)

J’aime beaucoup les éditions de L’Antilope et, si je n’avais pas encore fini Guitel Pourishkevitsh et autres héros dépités de Sholem-Aleikhem, je ne voulais pas non plus passer à côté des Mille et une nuits de Krushnik. Merci encore beaucoup aux éditions de L’Antilope pour la découverte de cet auteur !


Quatrième de couverture : « Dans ces mille et une nuits, le palais est un bateau d’émigrants fuyant vers l’Amérique. Shéhérazade, c’est Yankl, le narrateur, qui confie ses déboires : sa Krushnik natale n’a cessé de passer de l’occupation russe à l’occupation allemande. De quoi rendre fous les habitants juifs, véritables dindons de la farce.

Faire rire de la guerre – la Première Guerre mondiale – Sholem-Aleikhem s’y emploie avec brio.

Un récit écrit en 1915, l’un des derniers de l’auteur. »


Quand on pense à la Première Guerre mondiale, on pense souvent du point de vue de l’Ouest de l’Europe. Et pourtant l’Est aussi a été touché et ce sont des jeux de pouvoir et d’occupation qui s’y sont déroulés. C’est cette période qui aura marqué sa famille que Yankl va conter à Sholem-Aleikhem, sur le bateau qui les emmène du vieux continent au nouveau, à l’Amérique. Des pogroms suite à l’arrivée des soviétiques, à l’organisation de la vie de la communauté sous l’occupation allemande, avant de revenir à la dépendance soviétique, c’est une nouvelle fois l’absurdité de la guerre qui est montrée, mais dans un espace géographique peu traité et avec une approche intime qui touche et émeut.

Yankl est tristement drôle malgré lui car dans son discours il en fait des tonnes, il use d’une fausse modestie et d’une grande ironie. L’écriture est proche du parler et elle nous fait nous sentir nous aussi sur ce bateau qui traverse l’Atlantique, au rythme des jours, des repas et des nuits. Yankl va alors parler de sa famille, de ses fils et de sa femme, qui ont été victimes de ce début de la guerre. Voulant bien faire, ils y ont perdu la vie. On le sait dès le départ, Yankl va prendre de soin d’en expliquer les raisons, de revenir sur les faits.

Une belle découverte qui se révèle plus tragique que comique, mais impossible de ne pas s’attacher au personnage de Yankl qui a tout perdu et part, comme Sholem-Aleikhem, construire une nouvelle vie dans une nation qui inspire trop d’espoirs pour pouvoir les réaliser tous.

Seulement une petite partie de la production littéraire de Sholem-Aleikhem est traduite en français, j’espère que les éditions de L’Antilope vont poursuivre ce beau travail, je serai en tout cas au rendez-vous des prochaines parutions !

Pour en savoir plus

 

Et vous, est-ce un auteur que vous souhaiteriez découvrir ?

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