👁 « Toutes ces vies qu’on abandonne » de Virginie Ollagnier (Liana Levi, réed. 2018)

Il est grand temps de faire un peu de place aux femmes dans la Grande Guerre, avant que je ne réalise qu’il est trop tard pour en parler, ce serait bien dommage !


Quatrième de couverture : « En décembre 1918, à Annecy, l’armistice est signé, mais les trains continuent de ramener du front des hommes à jamais meurtris. L’un d’eux, à l’identité inconnue, semble ne pas vouloir se réveiller.

C’est à Claire, une jeune novice travaillant depuis quatre ans dans son service, que le professeur Tournier confie la tâche de ramener à la vie ce corps muet, refermé sur ses souvenirs. Par fragments, l’inconnu se dévoile au lecteur et la jeune infirmière à elle-même..

Les débuts de la psychiatrie, les vestiges de la guerre et l’apprentissage du désir forment un violent mélange qui en quelques semaines peut faire basculer toute une vie. »

Feuilleter les premières pages


Dans ce livre, nous nous partageons entre deux voix : celle de Claire, inscrite dans la réalité du présent et celle de Pierre, soldat voguant entre souvenirs et difficulté de revenir dans le temps réel.

Claire est une jeune fille qui s’est engagé dès ses 14 ans auprès des infirmières et médecins en tant que novice. Les religieuses sont devenues sa nouvelle famille après le décès de sa mère. Aujourd’hui, elle a 18 ans et la guerre est finie. Pourtant, les corps et les esprits stigmatisés continuent d’arriver. Un homme, passant pour mort mais pourtant bien vivant, arrive un jour. Avec l’aide de son mentor, le professeur Tournier, Claire va essayer de ramener l’homme à la réalité. Paroles, massages pour le ramener à son corps, combinaison des bribes de dialogues nocturnes pour lui redonner une identité, elle va tout essayer avec ce qu’elle connaît des débuts de la psychiatrie et avec ce que son c »Å“ur lui dicte. L’aider car elle est vouée à cela et elle s’épanouit en se tournant vers les autres, mais aussi car l’homme réveille en elle des émotions qu’elle ne connaissait pas.

Ce roman est multigenre : il explore la guerre sur le front avec les souvenirs de l’homme inconnu, il montre l’urgence des avancées en psychiatrie post-traumatique, il développe le combat interne de Claire, tiraillée entre le bien fondé de son engagement religieux et l’attirance du monde civil qui lui ouvre ses bras.

Nous espérons avec elle que l’homme revienne dans le monde des vivants, à chaque séance l’espoir est là. Les personnages sont fouillés et attachants, un roman sur la guerre et l’après-guerre moins frontal que mes précédentes lectures, mais très agréable à lire.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Alex mot-à-mots


 

Et vous, est-ce un sujet en lien avec la guerre qui vous intéresse ?

6 commentaires

    1. C’est ça, un bon moment, j’ai apprécié suivre Claire et Pierre, mais ce n’est pas celui qui je garderai le plus en mémoire dans la durée. Oui, il a été réédité cette année, il me semble que sa première parution date de 2006 ou 2007.

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