👁 « Amère patrie » de Frédéric Blier et Christian Lax (Dupuis, Int. 2018)

Cette bande dessinée avait tout pour attirer mon attention : déjà le sujet de la Grande Guerre qui m’intéresse au-delà de la thématique de ce mois, puis une exécution pour l’exemple qui revêt pour moi un autre visage de l’horreur de la guerre, et enfin la question du racisme vis-à-vis des soldats venus en métropole depuis les colonies françaises (ou d’ailleurs, comme des États-Unis par exemple).


Quatrième de couverture : « Jean Gadoix, Ousmane Dioum ; deux jeunes gens que rien ne destinait à se rencontrer, jetés dans les mêmes tranchées en 1914…

L’un sera fusillé sur une fausse accusation, l’autre survivra à la guerre mais subira l’offense répétée du racisme ordinaire, dans cette France des années 1920.

À travers les destinées particulières de Jean et d’Ousmane, c’est le destin d’une génération sacrifiée mais aussi le combat quotidien de femmes contre l’injustice, le mensonge et la calomnie, que nous raconte Lax sans complaisance ni faux-semblants, avec l’oeil de la vérité. »


Cette intégrale rassemble cette années les deux volumes parus en 2011. Les rééditer en un volume unique cette année a été, je pense, une excellente idée car le propos de cette histoire vient en complément des nombreuses autres parutions sur cet épisode tragique de notre histoire.

Le départ nous fait faire connaissance avec Jean Gadoix et Ousmane Dioum, deux hommes éloignés sur le globe et qui se rencontreront sur le front, dont le survivant restera fidèle en pensée à celui qui subira le châtiment. Ce récit permet de parler des troupes étrangères dans la guerre et de la façon dont elles seront traitées après-guerre, dans une France encore friande de racialisme.

L’ouvrage se découpe en trois parties clés : l’avant-guerre (de l’enfance à l’engagement), la guerre, l’après-guerre (sur une vingtaine d’années). Une trame longue en peu de pages qui met l’accent sur la réhabilitation du soldat exécuté, accusé de désertion. Ce combat, il sera mené par sa femme et c’est le courage de ceux qui restent qui est aussi mis en avant. Il nous est donné à voir l’impact social sur les familles de déserteurs : la honte, la mise à l’écart, les calomnies à répétition. C’est quelque chose dont on parle peu et qui est frappant de bêtise.

Un récit qui contient pas mal d’informations et d’éléments, donc, mais qui sont liés avec finesse et clarté. Si j’ai apprécié le propos, je suis un peu restée à distance du tout car j’ai eu du mal à me laisser séduire par les dessins (ce qui est un peu problématique avec une bande dessinée) que j’ai trouvés trop classiques. Cela étant, j’ai été ravie de la découvrir et je pense ne pas être la seule !

Pour en savoir plus

 

Et vous, quels types de bandes dessinées préférez-vous ?

3 commentaires

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s