« Rosa Parks : la femme qui osa dire non ! » de Sophie de Mullenheim et Johan Papin (Fleurus, 2018)

Impossible de passer à côté de cette parution qui me faisait de l’œil depuis de nombreuses semaines ! Un récit clair et très abordable aux illustrations très élégantes.


Quatrième de couverture : « – Maman, demande Rosa. Est-ce que l’eau des Blancs est meilleure que la nôtre ?
– Non, ma chérie, bien sûr que non.
– Mais alors, pourquoi il y a deux fontaines ?
Leona ne répond pas et regarde sa fille intensément. Elle sait très bien que Rosa connaît la réponse à sa question, qu’elle n’ignore pas que les Blancs ne veulent pas risquer de se contaminer au contact des Noirs.

Un récit qui retrace la vie de Rosa Parks, militante pour les droits des Noirs américains. »


De sa naissance à la victoire de son action, nous voyons Rosa Parks grandir puis avancer dans la vie sans jamais accepter les discriminations à l’œuvre aux États-Unis, en particulier dans les États du sud répondant à la doctrine Jim Crow.

Ce récit est le résultat d’une grande documentation mais aussi de réflexions créatrices qui ont donné naissance au personnage d’Iris. Cette jeune fille blanche permet de contre-balancer le récit et de ne pas être dans une vision du monde binaire. Iris, fille d’un homme membre du Ku Klux Klan s’engagera pour défendre les Noirs devant la loi. La ségrégation, cette femme ne l’a jamais supportée non plus.

Le récit se mêle entre la biographie romancée de Rosa Parks et celle complètement imaginaire d’Iris Moore. L’évolution dans le temps permet d’aborder de nombreuses questions avec facilité même si le sujet reste complexe : l’éducation, les espaces séparés, l’accès aux soins, l’intimidation du Klan, l’accès au travail malgré les diplômes, les risques de l’engagement civil, les injustices aux conséquences dramatiques, la méfiance vis-à-vis des personnes blanches induite par les traumas, etc. Les jeunes lecteurs prendront, je pense, beaucoup de plaisir à le découvrir et à se questionner au fil des pages.

L’un des aspects que j’ai beaucoup aimé vient à la fin du récit, quand Rosa Parks est devenue un symbole malgré elle et qu’elle doit payer le prix de la victoire. Je ne m’étais jamais posé la question et ce point souligne encore davantage le cercle vicieux de la discrimination et de la volonté de domination d’une population sur une autre : faire changer les choses c’est aussi remuer une violence qui n’accepte pas l’évolution par principe raciste ou qui craint que la situation n’empire par représailles et que l’avenir n’en soit que plus difficile.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Bookooning


 

Et vous, quelles figures de la lutte pour les droits civiques admirez-vous ?

10 commentaires

  1. Ces derniers temps je me découvre une vraie envie de découvrir ses femmes courageuses qui ont su se battre pour leur cause et Rosa Parks est en effet un symbole très fort pour la communauté noire mais aussi pour la revendication de la place de la Femme en général !

    Aimé par 1 personne

    1. Exactement ! 🙂 Il y a des parcours de vie à connaître pour comprendre les droits acquis et se rendre compte, parfois, de leur fragilité. Belle envie que la tienne de les découvrir ! 😀

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