« La servante du Seigneur » de Jean-Louis Fournier (Stock, 2013)

J’ai découvert Jean-Louis Fournier avec Où on va papa ? qui m’avait autant émue que mise face à une énorme difficulté au moment d’en faire la chronique : j’étais mal à l’aise avec l’humour noir. Avec La servante du Seigneur, ça va beaucoup mieux.


Quatrième de couverture : « Ma fille était belle, ma fille était intelligente, ma fille était drôle… Mais elle a rencontré Monseigneur. Il a des bottines qui brillent et des oreilles pointues comme Belzébuth. Il lui a fait rencontrer Jésus. Depuis, ma fille n’est plus la même. Elle veut être sainte. Rose comme un bonbon, bleue comme le ciel. »

Feuilleter les premières pages


Oui, il y a de l’humour noir mais il y a aussi une introspection et une douleur de père. Où est passée sa fille si gaie, si complice ? C’est à sa recherche qu’il part, alors qu’elle a choisi de suivre une voie sur laquelle il ne l’imaginait pas vraiment. Pas comme ça. Pas en se coupant du monde et considérant détenir la vérité de Dieu. Pas comme ça. Pas avec la violence dans leurs échanges et les reproches sur une enfance qu’il avait cru heureuse.

Jean-Louis Fournier cherche à renouer quelque chose avec sa fille autant qu’il souhaite pouvoir la comprendre et la voir telle qu’elle est, malgré des colères perçantes, que je comprends. Des incohérences ont de quoi faire naître la fureur, mais l’amour reste un lien indéfectible et, dans cette relation difficile, l’amour est douloureux.

Elle ne l’a jamais vraiment abandonné mais elle n’est pas là non plus quand il voudrait lui parler, l’appeler, la voir. La relation est conditionnée et la menace de l’enfer jamais très loin.

Un très beau récit, qui brise quand même pas mal le cœur, sur deux êtres qui s’aiment mais qui ne se comprennent plus. Un moment aussi tendre que violent, des mots qui touchent et percent le ventre, qui tuent le diable qui pourrait s’y trouver, si seulement il existait (il a sacrément bon dos).

Pour en savoir plus

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Et vous, quel livre de Jean-Louis Fournier préférez-vous ?

6 commentaires

    1. J’adore ce type de livres et l’écriture de Jean-Louis Fournier est tellement sensible, douce-amère, elle me bouleverse ! J’ai aussi lu « Ma mère du Nord » dans lequel il parle de sa propre relation à sa mère, j’ai un peu moins aimé même si c’est un joli livre. 🙂

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    1. C’est vrai qu’il n’est pas très lumineux et il se termine sur des avis divergents entre le père et la fille. Mais je l’ai aimé quand même, pour son tiraillement et les vagues d’émotions qui expriment parfois la douleur d’aimer malgré tout. Mais, j’avoue, il reste triste.

      Aimé par 1 personne

    1. C’est toujours très intime c’est vrai, je lis peu de récits de ce genre mais Jean-Louis Fournier le fait très bien. Je pense qu’au-delà de sa propre histoire, il nous interpelle sur notre rapport aux autres. 🙂 Mais je comprends complètement qu’on n’accroche pas par contre. ^^

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