« La rue de l’Ours » de Serge Bloch et Marie Desplechin (L’Iconoclaste, 2018)

Quel joli moment que celui passé avec livre ! Entre nostalgie et tendresse, une histoire familiale au charme intemporel d’un Marcel Pagnol saupoudré de drames silencieux et de culture juive.


Quatrième de couverture : « Dans la rue de l’Ours, à Colmar,il y a une boucherie casher. Derrière le comptoir, il y a la tante Thérèse, dite Loulou. Dans l’arrière-boutique, Georges, l’oncle, fait les comptes. Traversez la petite cour, Sylvain est dans son laboratoire. C’est ici que Serge retrouve son père qui prépare la viande. La boucherie, c’est l’épicentre de la famille Bloch. Et pour cause, on se la transmet de père en fils. Serge Bloch se remémore. Il raconte le grand-père, ses parents qui durent fuir la région pendant la guerre. Les années 1960. Les rites juifs. Les grands bonheurs et les petits larcins de l’enfance. Et dresse une galerie de personnages forts et attachants. Le portrait d’une famille attendrissante, où l’amour se dit sans mots.

Si la boucherie a fermé et n’est plus aujourd’hui qu’une devanture aveugle, il n’en reste pas moins que subsiste un héritage. Celui de la beauté du mouvement. Attention, travail, précision. Serge y apprend l’amour du travail bien fait. Du geste précis. Le couteau s’est transformé en crayon. Mais l’héritage est bien ancré.

Qui de mieux placé que Marie Desplechin pour conter cette histoire de famille ? D’une plume juste, elle se faufile dans le passé des Bloch, avec une tendresse inouïe. En regard, Serge Bloch, d’un coup de crayon, croque ces scènes, qui étaient jusque-là restées blotties dans sa mémoire. Deux artistes qui ont en partage un irrésistible sens de l’humour. »


La plume de Marie Desplechin est aussi douce que taquine et les dessins de Serge Bloch font corps avec elle. Les deux auteurs se lient pour porter une histoire de vie touchante. On se retrouve dans le récit car certains traits peuvent être comparés aux membres de notre propre famille et on se laisse conter car on découvre les différences et l’intimité familiale de Serge Bloch avec humour, douceur et parfois regret.

Je ne veux pas mal croquer certaines anecdotes dans cette chronique tant le livre est beau et les chapitres courts. Ce sont de petites capsules temporelles qui se font écho dans une mémoire d’homme qui s’est construit en portant avec lui l’histoire de sa famille qui fut parfois tue. Car si l’on parle de portrait de famille de confession juive, la Shoah n’est jamais loin et pourtant toujours couverte d’un silence qui en dit long.

Je ne peux que vous inviter à découvrir ce texte qui nous donne l’impression de passer une soirée avec un nouvel ami, dont l’écriture est tellement juste qu’on en oublie qu’elle n’est pas de Serge Bloch, dont les dessins sont attachants et retiennent l’attention entre chaque chapitre. Un regard d’enfant au creux de celui de l’homme. Une très belle parution.

Pour en savoir plus

 

Et vous, quel livre conseilleriez-vous de ces auteurs ?

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