« Quelque part, le soleil brille encore » de Michael Gruenbaum et Todd Hasak-Lowy (Didier jeunesse, 2018)

Il y a quelques semaines je m’étais lancée dans la lecture de l’extrait de ce livre, disponible en téléchargement sur le site de Didier jeunesse. Je dois dire que j’ai alors été complètement absorbée par ce roman issu du témoignage de Michael Gruenbaum. C’est donc avec une grande impatience que j’ai attendu sa parution.


Quatrième de couverture : « Prague, 1939. Misha a 10 ans et adore les après-midis au magasin de jouets avec son père. Mais quand les troupes allemandes envahissent la ville, les lois antisémites se multiplient, et l’insouciance de Misha vacille.

Avec sa famille, ils sont envoyés dans un ghetto puis déportés dans le camp de Terezin. C’est là que Misha se lie d’une amitié fraternelle avec quarante garçons.

Erich, Jan, Koko, Felix, Pavel… et surtout Franta, leur éducateur et mentor. Dans les coups durs comme lors de leurs parties de football, ils sont les Nesharim, unis à la vie, à la mort ! Mais avec le danger constant des convois « vers l’Est », Misha peut-il garder espoir ?

En collaboration avec l’auteur Todd Hasak-Lowy, Michael Gruenbaum partage son histoire bouleversante d’humanité et de fraternité. Son témoignage, ainsi que les nombreux documents et photographies originaux qui l’accompagnent, apportent une contribution essentielle à la littérature de l’Holocauste.

Quelque part, le soleil brille encorea reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et du C.N.L. »

Télécharger les premières pages


Le petit Misha vit à Prague avec ses parents et sa sœur. Un jour, les troupes nazies entrent dans la ville. De la fenêtre il regarde ce défilé militaire, qui l’impressionne, malgré l’interdiction de sa mère. Ce jour-là il voit un couple se jeter depuis un balcon d’en face et mourir. Ce couple, il ne le connait pas mais il va petit à petit comprendre son geste. Car les lois antisémites vont se succéder, se démultiplier jusqu’à envoyer les familles juives dans un quartier dont le juste nom est ghetto.

Son père sera arrêté et exécuté, lui et sa famille seront déportés à Theresienstadt, camp de concentration nazi installé en Tchécoslovaquie (aujourd’hui République Tchèque). Misha, qui aime les trains comme beaucoup d’enfants à l’époque, va connaître un voyage qui l’enfermera plusieurs années entre les murs de cette ancienne forteresse. Il sera alors séparé de sa mère et intégré à une chambre avec une quarantaine d’enfants : les Nesharim. Franta, leur éducateur, fera tout pour les protéger de la pleine réalité du lieu en organisation des cours, des lectures et surtout des entraînements de football.

Ce roman-témoignage est passionnant. Il revient sur un épisode de la Shoah en parlant d’un camp assez méconnu du grand public avec les yeux d’un enfant. Camp de transit, la famille de Misha réussira à échapper aux différents convois de déportation vers Auschwitz grâce à la détermination de la maman. La faim, le froid, les poux, les punaises, le travail des enfants, tout cela est abordé. Et plus, la visite tristement connue de la Croix-Rouge dans le camp, qui ne verra pas le subterfuge qui leur est préparé de toutes pièces.

Franta, l’éducateur, aura réussi à créer un univers d’enfants dans l’univers concentrationnaire étouffant de mort, mais Terezin reste un lieu où l’extermination par épuisement, maladie et malnutrition était un objectif pour les nazis dans le processus d’évacuation des Juifs de l’espace vital. Les rescapés d’Auschwitz arrivant à Terezin après la libération du 27 janvier 1945 marqueront l’enfant d’une nouvelle réalité. Il attendra ses amis, ils ne reviendront pas.

J’ai beaucoup aimé cette lecture et je l’ai trouvée à la fois complète et pertinente. Si le sujet n’est pas facile à aborder, je pense que ce livre, par son langage et son espace de protection, pourra convenir à des lecteurs à partir de 12-13 ans (l’idéal reste qu’ils aient des bases sur la Seconde Guerre mondiale et la Shoah). Un très beau livre qui donne sa place à la voix de l’enfance dans la guerre, aux traumatismes, sans utiliser la méthode de transmission par le choc.

Pour en savoir plus

 

Et vous, avez-vous envie de découvrir ce témoignage ou un autre ?

 

4 commentaires

    1. Merci beaucoup ! 🙂

      Il y a eu plusieurs parutions jeunesse/young adult sur la Seconde Guerre mondiale du point de vue d’enfants depuis septembre, je dois dire que celui-ci est celui que j’ai préféré pour le moment. 🙂

      Aimé par 1 personne

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