« Nous étions seulement des enfants » de Rachel Jedinak (Fayard, 2018)

Par ce livre, Rachel Jedinak nous livre un témoignage extrêmement touchant. Il est également intéressant car il aborde beaucoup d’aspects de la Seconde Guerre mondiale avec les yeux d’une enfant : le rationnement, les lois antisémites de Vichy, le culte de la personnalité de Pétain (notamment dans les écoles), les rafles et les camps français, la déportation et l’espoir de voir revenir les absents.


Quatrième de couverture : « Pendant longtemps, pour se souvenir des nombreux enfants qui n’ont pas pu grandir, il n’y avait rien. Rien pour dire qu’ils avaient été tués parce que nés juifs, ni même pour dire qu’ils avaient vécu, qu’ils avaient ri, joué et pleuré… Comme s’ils n’avaient jamais été là.

Rachel Jedinak a survécu à la première rafle du Vél’d’Hiv, en juillet 1942. Ses voisins, ses cousines ou ses camarades de classes, eux, n’ont pas eu sa chance. Après s’être battue pendant des années pour faire apposer, dans les écoles, collèges et lycées, des plaques aux noms de ces élèves oubliés, elle leur rend ici un dernier hommage.

Dans ce récit, tendre et délicat, elle raconte les parties interminables d’osselets sur les trottoirs, puis les camarades de classe qu’on regarde jouer dans le jardin public où l’on n’a plus le droit d’entrer. Et enfin, les traques, les rafles, les petits qui hurlent de chaud dans la Bellevilloise puis la fuite. Rachel Jedinak nous dit finalement la guerre de la plus universelle des langues : celle des enfants.

Rachel Jedinak a 84 ans. Elle préside le comité Tlemcen qui, depuis plus de vingt ans, se bat pour le souvenir des enfants disparus. »


Le témoignage c’est cela : toucher le cœur mais aussi planter des graines dans l’esprit pour que l’inimaginable ne devienne plus réalité, pour que le révisionnisme de trouve pas de prise.

Rachel a été une enfant en France durant la Seconde Guerre mondiale, une enfant qui, avec sa sœur Louise, réussira à échapper à l’internement suite à deux rafles : celle des 16 et 17 juillet 1942 et une en hiver 1943. Mais de ces rafles, leur mère restera victime et connaîtra la déportation. Pas de papa pour les protéger non plus, car même s’il revint de la drôle de guerre, il sera peu après arrêté et interné dans un camp du Loiret. Un camp de transit, avant de partir à l’Est, en déportation.

Les deux enfants seront protégées par leurs grands-parents mais aussi par des maîtresses qui les auront maternées et auront réussi à les cacher parfois à l’école. Mais du port douloureux de l’étoile jaune au retour espéré des parents qui n’arrivera pas, ce sont les pensées abîmées d’une petite fille que nous suivons. Des pensées qui n’oublient pas le douloureux geste d’amour d’une mère que les années auront permis de comprendre, des pensées qui n’oublient pas non plus que ce sont des policiers français qui ont sorti hommes, femmes, enfants et personnes âgées de leurs lits pour les envoyer à la mort. Des pensées qui n’oublient enfin pas la bonté d’autres personnes, dont l’acte de résistance s’est traduit par la protection.

Rachel Jedinak est présidente du comité Tlemcen qui, depuis de nombreuses années, travaille à maintenir la mémoire des enfants déportés et exterminés, en apposant sur les façades des écoles de la région parisienne des plaques avec leurs noms. Les générations suivantes ne pourront ignorer.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Lux & Her Books


 

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