« L’enfant n’est pas mort » de Nimrod (Bruno Doucey, 2017)

J’ai redécouvert la poésie en début d’année grâce aux éditions Bruno Doucey qui publient des auteurs qui me touchent et qui, même si je ne comprends pas toujours l’ensemble des textes (je le reconnais sans complexe), m’émeuvent.

Cet article est également l’occasion de mettre en avant la collection Sur le fil : « Des romans où le destin d’un poète croise la grande Histoire. » J’adore cette collection, il ne me manque plus qu’un titre (cinq sont parus) pour être au complet et j’attends d’autres publications avec impatience ! Cette collection est dirigée par Murielle Szac, qui dirige aussi la magnifique collection Ceux qui ont dit non chez Actes Sud junior.


Quatrième de couverture : « 1er avril 1960 : un bébé noir est tué par la police dans un ghetto d’Afrique du Sud. C’en est trop pour Ingrid Jonker, une jeune blanche qui fonce rencontrer la mère de la victime. Elle, la fille de l’un des dignitaires de l’apartheid, va écrire un poème bouleversant à la suite de ce drame. Mai 1994 : Mandela monte pour la première fois à la tribune de l’assemblée. Devant les députés médusés, il lit le poème d’Ingrid Jonker. Car la poésie est le fil de soie qui relie Nelson et Ingrid, par delà les différences de couleur de peau. Faisant alterner avec brio la grande figure de Mandela et la fragile silhouette de la poète, Nimrod nous entraîne dans la douloureuse tragédie d’un pays qui se mêle au mal de vivre d’Ingrid. Comment survivre quand votre père est une ordure et qu’il vous renie ? »


Ce court livre revient sur la période de l’Apartheid en Afrique du Sud. Plusieurs thématiques et personnages se croisent autour de la situation politique et sociale de ce pays en proie au racisme. Ingrid Jonker, jeune femme tiraillée entre la recherche de l’amour d’un père, de l’amour d’hommes qui jouent puis la repoussent et de sa fille. Une femme qui, confrontée à la nouvelle de l’assassinat d’un bébé, va décider de s’engager en tenant tête aux hommes de son entourage, de sa vie. Les mots qu’elle veut faire exploser pour dénoncer seront alors plus importants que son bonheur. Fille d’un afrikaner pro-apartheid elle remettra tout en jeu pour la justice et la reconnaissance des faits tels qu’ils sont : injustes et inhumains.

Nous croisons également Nelson Mandela qui découvrira les mots d’Ingrid Jonker lors de son très long emprisonnement. Et ces mots, porteurs de justice pour les sud africains Noirs et venant d’une femme blanche, sont emprunts d’un espoir unique, celui d’une réconciliation possible. Ils lui donnent espoir, le font tenir et il va finir par les connaître par cœur. Et quel acte plus fort que de les dire à son tour à la tribune de l’assemblée alors que c’est là même que le père d’Ingrid l’a reniée ?

Ce livre est un puissant portrait de femme passionnée et libre, la photographie de la violence d’une société majoritairement raciste, un geste contre l’oubli de cet enfant qui est devenu un symbole de la brutalité de l’Apartheid, une illustration de la force des mots et de la poésie comme engagement.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Lire dit-elle


 

Et vous, est-ce une collection que vous avez envie de découvrir ?

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