« Le rapt » de Maram al-Masri (Bruno Doucey, 2015)

Ce recueil de poésie est à la fois très court et très long. Court, car il peut se lire vite si l’on lit avec les yeux mais en mettant le coeur de côté. Long, car la souffrance d’une mère ne peut s’effacer avec rapidité, d’un revers de main.


Quatrième de couverture : « Neuf mois pour qu’un cœur palpite… Le recueil de Maram al-Masri débute par l’évocation d’une vie à naître. La naissance, les premiers mots, les premiers pas… D’un poème à l’autre, l’auteure esquisse une histoire sentimentale de la maternité. Mais soudain, le texte bascule : l’enfant lui est enlevé, le bonheur d’aimer cède la place à une déchirure, son corps de mère entre dans la guerre.

Avec une simplicité désarmante, Maram raconte un épisode douloureux de sa propre histoire, faisant de l’enlèvement de son fils en Syrie l’acte fondateur de sa vie de poète. Un second texte, intitulé Le semainier, témoigne de sa lutte pour conquérir le droit d’écrire et de se donner à elle-même une seconde chance de vivre. Un livre écrit avec le sel des larmes et le ventre noué des grandes émotions. Un livre que je publie pour qu’à travers lui toutes les mères empêchées puissent se faire entendre. »


Ce recueil de poésie secoue le corps – berceau de l’humanité -, l’esprit et le coeur. Ces textes, malgré leur contexte d’écriture spécifique, possèdent une raisonnance bien plus large.

Un enfant est enlevé à sa mère. Ce fait peut s’inscrire, malheureusement, hors du temps, hors d’un lieu, hors de toute culture. La douleur d’une mère est un langage universel. Ce livre est un cri de souffrance autant qu’un cri d’amour. Difficile de ne pas partager les émotions de l’auteure. Difficile de ne pas sentir la peau douce, au parfum si tendre de l’enfance, de ne pas sentir aussi le lait aigre, la petite main pourtant puissante qui s’agrippe à nos doigts, qui nous attrappe mentalement.

L’absent est infiniment présent et il n’est pas besoin d’être mère (ou parent) pour partager ne serait-ce que partiellement cette douleur que rien n’efface, que rien ne panse, ce manque que rien ne remplace.

Un livre qu’il faut prendre le temps de lire, d’éprouver, dans lequel on revient de temps en temps et qui ne perd rien de sa force.

J’aime énormément le fait que les éditions Bruno Doucey publient la poésie en langue originale en regard de sa traduction. L’auteure a elle-même traduit ses poèmes en français et je suis convaincue que cela conserve d’autant plus la force de ses mots, des choix linguistiques, qui illustrent son vécu.

Pour en savoir plus

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