« La suivante » de Sarah Emmerich (Flammarion, 2018)

Encore un livre de la rentrée littéraire de début d’année qui n’avait pas manqué de retenir mon attention. Un passage chez Gibert Joseph à Poitiers m’a permis de le recroiser et de réactiver mon intérêt, cependant un peu malmené au cours de la lecture.


Quatrième de couverture : « Agnès enterre son père, historien d’art, rescapé d’Auschwitz. Discrète souris grise chargée de rédiger les discours de la Maire de Paris, elle semblait jusque-là se contenter d’une vie austère, ponctuée de moments de folie soigneusement dissimulés.

Depuis quelque temps une femme la suit, sans jamais l’aborder. Elle est toujours là, au coin de la rue, sur ses talons. Agnès aperçoit parfois un pan de manteau, entend le froissement d’un vêtement. Qui est-elle et, surtout, qui l’envoie ? Son ancien amant, seul homme avec qui elle ait eu une relation suivie ? Ou serait-ce une présence qui la poursuivrait depuis l’enfance ?

Malgré sa solitude dans la grisaille des rues parisiennes, une rencontre inattendue et lumineuse lui permettra peut-être d’apprivoiser l’ombre portée par la terrible histoire de son père et de rendre leur humanité à ceux qui en ont été privés. »


J’ai eu du mal à appréhender cette histoire que je projetais davantage sur des questions de mémoire et de deuil que de troubles, de malaise vis-à-vis de soi-même et de construction. Les chapitres débutent tous avec un extrait de témoignage du père d’Agnès, tous essentiellement orientés vers la période de sa déportation. Les ouvertures de chapitres sur ce sujet, poursuivis par le quotidien d’Agnès ont eu un positionnement un peu spécial dont j’ai eu du mal à saisir le sens, si ce n’est que le père est toujours présent quelque part dans le présent d’Agnès, dans ses craintes et ses angoisses, dans la vision qu’elle a de la vie, de sa vie.

J’ai également eu du mal à m’attacher à ce personnage principal même si j’ai partagé parfois son point de vue, notamment en ce qui concerne la critique de la communication politique et les questions d’accueil de réfugiés. En dehors de cela, je n’ai pas vraiment réussi à me sentir proche du personnage. Comme je n’ai pas vraiment saisi le principe de la suivante. Cette suivante dont l’identité réelle n’est pas dévoilée, qui est pour moi une partie d’Agnès, comme une conscience. Mais je n’ai vraiment pas tout saisi…

Le livre prend le temps de construire le contexte d’une vie, de dessiner les contours du caractère d’Agnès et de sa famille, de son lieu de travail pour nous prendre par surprise. Nous comprenons vite qu’elle n’est pas satisfaite de sa vie mais qu’elle ne sait pas non plus par quel bout commencer pour aller où elle le souhaite. C’est pour renvoyer une bonne image à sa suivante (qui rapporte peut-être faits et gestes à un ex-amant) qu’elle va tenter des choses qu’elle ne fait pas d’habitude, et ce sont ces changements qui vont venir défaire des noeuds du passé pour ouvrir l’espace des possibles du futur.

Ce roman interroge la survie à l’horreur, la construction de l’enfance alors qu’elle est témoin permanent de cette horreur par le biais du père qui se livre beaucoup, il vient aussi sur un terrible terrain : comment réagir quand la victime devient bourreau pour le foyer ?

Un livre loin d’être inintéressant mais qui ne m’a pas touchée plus que cela, j’en attendais peut-être plus sur les questions de mémoire et d’héritage du traumatisme lié à la Shoah. Cela ne m’a pas empêché de le lire d’une traite, je ne doute donc absolument pas du fait qu’il pourra beaucoup plaire à d’autres lecteurs.

Pour en savoir plus


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Vagabondage autour de soi


Et vous, l’avez-vou lu et davantage apprécié ?

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