« Vent printanier » de Hubbert Haddad (Zulma, 2010)

Cela faisait un moment que je souhaitais retenter l’expérience avec Hubert Haddad, secouée que j’avais été par la lecture de La Cène. L’avantage c’est qu’il s’agit d’un auteur très prolifique. J’ai cependant opté pour un sujet proche de mes lectures habituelles pour renouer le contact littéraire.


Quatrième de couverture : « Un jour de printemps, Michaï, vieux musicien ambulant rescapé des camps, se retrouve devant la gare de Bobigny. Un campement de Tziganes vient d’en être expulsé pour les commémorations de la déportation. Le vieil homme y rencontre un petit garçon en quête des siens, Nicolaï…

C’est du point de vue de l’enfance que les nouvelles de Vent printanier (nom de code de la rafle du Vel’ d’hiv’) évoquent l’épouvantable connivence de Vichy avec la « solution finale ».

De retour sur les lieux de l’impensable, Hubert Haddad écrit ces histoires vraies de tout leur poids d’imaginaire, vraies des milliers de fois hier à Drancy ou ailleurs, et aujourd’hui comme en filigrane dans les regards effrayés des exclus sur un monde en lente perte d’humanité. »


Les quatre nouvelles qui constituent ce petit livre sont en lien avec la rafle des 16 et 17 juillet 1942, acte collaborationniste s’il en est de la part de la France dans la déportation des Juifs. Nous suivons différents personnages marqués dans leur chair par les camps, par Pitchipoï. Des relations sont parfois faites avec les réfugiés et les communautés encore stigmatisées de nos jours et si c’est évident à la lecture c’est aussi d’une intelligence essentielle qui remplace les idées parfois courtes actuelles.

Nous voyageons dans les mémoires, car c’est de cela qu’il s’agit pour et par les survivants, qui ont souvent vécu l’horreur étant enfants. Nous les accompagnons dans leurs pèlerinages, dans leurs recherches de visages parentaux, dans les morceaux de passé qui leur échappent encore, interminablement.

Ce livre en lui-même est un objet de mémoire qui permet à chacun d’entre nous de nous souvenir, de la déportation bien sûr, mais également de la responsabilité de la France alors que certains veulent s’y soustraire. Oui, Vichy était la France et la France, connue comme le pays de la Déclaration des droits de l’homme, a envoyé ses enfants dans la gueule de la mort.

« Toutes les fleurs des jardins ne sauraient cacher les charniers de la mémoire. »

Pour en savoir plus

 

Et vous, avez-vous un livre de Hubert Haddad à conseiller ?

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