« Le marchand de passés » de José Eduardo Agualusa (Métailié, 2006)

Ce roman qui peu à peu prend des allures de thriller se déroule en Angola. De ce pays je ne connaissais rien et j’ai été contente de le découvrir à travers une si belle plume, malgré les affres qui l’ont secoué au XXe siècle notamment et dont il est aussi question dans ce récit.


Quatrième de couverture : « À Luanda, à la fin de la guerre révolutionnaire, Félix Ventura, le bouquiniste albinos, crée de faux passés qu’il vend aux nouveaux riches. Ses clients sont des entrepreneurs prospères, des hommes politiques, des généraux, tous ont assuré leur avenir. Il leur faut donc transmettre à leurs enfants un bon passé.

Félix leur construit des généalogies flatteuses, des portraits d’ancêtres, des mémoires brillantes. Il en vit bien, jusqu’à l’arrivée d’un mystérieux étranger à la recherche d’une identité angolaise. Alors, dans un vertige, le passé envahit le présent et tout bascule.

Satire féroce et pleine d’humour de la société angolaise, ce Marchand de passés est surtout une réflexion sur la construction de la mémoire et ses ambiguïtés. »


L’Angola, longtemps colonie portugaise, connaît une guerre d’indépendance de 1961 à 1974. S’en suit à partir de 1975 une guerre civile qui durera jusqu’en 2002, comptabilisant 500 000 morts et plus d’un million de déplacés dans le pays. Concernant les détails de ce deuxième conflit, je ne vous cache pas que je n’ai pas tout compris, sans compter que les conflits voisins ont eu un impact et la politique internationale un doigt dans l’engrenage. Autant dire que j’ai eu beau essayer de démêler les fils, j’ai juste trouvé une migraine.

Quoi qu’il en soit, le pays a retrouvé un semblant de calme et les habitants les mieux placés ont besoin d’une lignée qui leur assure un aussi bon passé que l’avenir qu’ils sont en train de tracer. Cela, c’est le travail de Félix Ventura. Nous suivons ce personnage avec les yeux d’Eulálio, le fidèle gecko qui a élu domicile dans sa maison depuis des années. Ce petit animal nous livre ses pensées et ses rêves, nous faisant frôler une ambiance fantasmagorique.

Un jour, un homme vient rencontrer Félix pour obtenir un nouveau passé. Ainsi nait José Buchmann. Plus le temps passe, plus cet homme semble persuadé que son passé inventé est bien le sien et il installe un malaise dans les nombreux échanges entretenus avec Félix, qui vient à douter de son invention. Les coïncidences sont trop nombreuses, serait-il possible que… Félix, lui, découvre l’amour, le vrai, avec Angela Lúcia. Un soir, José invite un homme sans domicile qu’il a photographié dans la rue. Nous sommes alors en présence des personnages qui assisteront au climax du récit. Un climax aux couleurs de la guerre et de ses sévices, un climax à saveur de vengeance.

Entre temps, des passages se moquant du pouvoir et des personnalités de ce pouvoir se construisent. Dans un pays où les passés sont troubles et aliénés, peut-on se fier et prendre au sérieux les autorités du présent ?

Pour en savoir plus

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Et vous, avez-vous envie de prendre un billet pour l’Angola ?

6 commentaires

    1. Oui, je ne savais pas trop où l’auteur nous emmenait et j’ai aussi été un peu secouée par le dénouement. Mais j’ai beaucoup aimé le style de José Eduardo Agualusa ! 🙂

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  1. Oh ce livre me donne très envie ! Tout y est : les éditions métailié, une belle histoire originale, un aspect politique qui fait découvrir un pays méconnu… Je vais y succomber je pense, merci pour la découverte ! 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. C’est ma première lecture de cet auteur et j’ai vraiment été sous le charme de son écriture ! 🙂 Un autre m’attend : « Théorie générale de l’oubli », j’espère l’aimer autant. As-tu aussi lu celui-ci ? 🙂

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