« L’attentat » de Yasmina Khadra (Julliard, 2005)

Ce roman est l’un des plus connus de l’auteur et, avant de découvrir son dernier, Khalil, prévu pour août, j’ai eu envie de me faire une première idée. Cette lecture, si elle a été facile au niveau de la langue, n’a pas été simple en ce qui concerne son contenu.


Quatrième de couverture : « Dans un restaurant bondé de Tel-Aviv, une femme fait exploser la bombe qu’elle dissimulait sous sa robe de grossesse. Toute la journée, le docteur Amine, Israëlien d’origine arabe, opère à la chaîne les innombrables victimes de cet attentat atroce. Au milieu de la nuit, on le rappelle d’urgence à l’hôpital pour lui apprendre sans ménagement que la kamikaze est sa propre femme.

Il fallait l’audace rare de Yasmina Khadra pour oser aborder un tel sujet. Dans ce roman extraordinaire, on retrouve toute la générosité d’un écrivain qui n’en finit pas d’étonner par son imaginaire et son humanisme. »


De l’audace dans ce texte, c’est certain ! Nous sommes face à un sujet brûlant dans un contexte qui ne l’est pas moins. D’un attentat dont nous ne comprenons pas grand chose au départ nous nous retrouvons face à des clivages, dans le conflit israëlo-palestinien. Autant dire un sujet infiniment compliqué.

Yasmina Khadra présente les choses de telle manière que nous ne sommes pas face à une prise de position pro quoi que ce soit. La question est « juste » de choisir la vie ou la mort. Autant dire que c’est un questionnement sans fin, d’autant plus quand la rancoeur prend part au débat. Mais il n’est aucunement question de généralisation dans ce livre.

Tout au long du récit nous suivons Amine, chirurgien qui va soigner les blessés de l’attentat avant d’apprendre, sans vouloir le croire, que Sihem, sa femme, est à l’origine de ce carnage. Interrogé de façon très douteuse et laissé à la mercie des colères civiles et de sa propre destruction, il va chercher comment sa femme a pu arriver à la volonté de se sacrifier tout en sacrifiant des enfants innocents.

Cette quête, qu’il va mener notamment en compagnie de Kim, sa meilleure amie, va le conduire dans une autre réalité qu’il ne voyait pas, ainsi que dans son passé. Ce livre questionne ce reniement du passé, la volonté d’intégration absolue d’Amine au point qu’il en aura oublié ses racines, sans jamais nous faire prendre parti. Car les points de vue sont nombreux, mais je pense qu’en refermant ce récit, ce que nous sommes nombreux à souhaiter, c’est la vie.

En conclusion ce récit m’a captivée autant qu’il m’a secouée. Il m’a beaucoup occupé l’esprit une fois refermé et je crois que je n’ai pas fini de réfléchir.

« Tous les trois, perclus chacun dans son silence, nous contemplons l’horizon que l’aurore embrase de mille feux, certains que le jour qui se lève, pas plus que ceux qui l’ont précédé, ne saurait apporter suffisamment de lumière dans le coeur des hommes. » p.88

Pour en savoir plus

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Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Le blog de Yuko • La lectrice dyslexique • La bulle de realitaValise et gourmandiseClearest ThoughtsLectrice discrète


 

Et vous, avez-vous aimé des livres de Yasmina Khadra ?

8 commentaires

  1. J’aimerais effectivement beaucoup le relire 😉 (l’auteur est sympa si tu as l’occasion de le voir aussi !)

    J’ai pas trop aimé ses deux derniers livres malheureusement (« La dernière nuit du Raïs » et « Dieu n’habite pas la Havane »), par contre, je te conseille dans la série de livres que tu as lu « Les sirènes de Bagdad », mon préféré. Je l’ai relu et je pense toujours que ce livre fait réfléchir aussi !

    Aimé par 1 personne

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