« Le poids du papillon » d’Erri de Luca (Gallimard, 2011)

Je poursuis ma découverte d’Erri de Luca avec ce deuxième roman. Le contexte de l’histoire m’attire moins qu’en ce qui concerne Les poissons ne ferment pas les yeux, mais pourquoi pas, je tente.


Quatrième de couverture : « Quelque part dans les Alpes italiennes, un chamois domine sa harde depuis des années. D’une taille et d’une puissance exceptionnelles, l’animal pressent pourtant que sa dernière saison en tant que roi est arrivée, sa suprématie est désormais menacée par les plus jeunes. En face de lui, un braconnier revenu vivre en haute montagne, ses espoirs en la Révolution déçus, sait lui aussi que le temps joue contre lui. À soixante ans passés, sa dernière ambition de chasseur sera d’abattre le seul animal qui lui ait toujours échappé malgré son extrême agilité d’alpiniste, ce chamois à l’allure majestueuse. Et puis, face à ces deux forces, il y a la délicatesse tragique d’une paire d’ailes, cette plume ajoutée au poids des ans.

Le poids du papillon, récit insolite d’un duel entre l’homme et l’animal, nous offre une épure poétique d’une très grande beauté. Erri De Luca condense ici sa vision de l’homme et de la nature, nous parle de la montagne, de la solitude et du désir pour affirmer plus que jamais son talent de conteur, hors du temps et indifférent à toutes les modes littéraires. »


Nous sommes en pleines montagnes, à la fois dans le sillage du roi des chamois, le vrai, et dans celui du braconnier à qui les hommes ont donné le même surnom. L’un comme l’autre ont reçu cette distinction par le sang. A la croisée entre une fable et un récit mystique, ce livre m’a bien fait sortir de ma zone de confort.

Le premier – le chamois – a perdu sa mère à cause du second, le second – l’homme – ne rêve que de trouver le premier et de s’offrir ainsi son dernier exploit de chasse. Je n’aime pas la chasse. La nature est parfois extrêmement violente, mais je n’aime pas la chasse. L’homme s’autoproclame maître de ce qui l’entoure et se sent libre de tirer à vue sur ce qui lui fait envie, avec sa dose d’excitation et de plaisir, de satisfaction.

Les chamois sentent l’odeur de l’homme en approche. Lui, c’est celle de son heure qu’il respire à pleins poumons, tout comme son double animal, vieillissant, qui ne veut pas être tué par l’un de ses fils, qui ne veut pas perdre sa place de chef de cette manière.

Nous suivons donc les deux, au cours d’une traque et d’un jeu de piste dans les montagnes. Ces montagnes, elles métouffent, c’est plus fort que moi. Erri de Luca parle du ciel de novembre, il veut nous en fait sentir l’air et nous en faire voir les nuages et la luminosité si particulière qui les traverse. Mais je reste coincée dans mon étouffement. Je suis expatriée dans une région de petites montagnes (avant les grosses) et le plat me manque affreusement. *Inspire, expire, inspire, expire*

L’écriture et l’histoire m’ont moins séduite que lors de ma lecture précédente, mais j’ai aimé la réflexion sur la chasse et sur le remord, sur le passé qui nous construit et dont nous devons tirer des enseignements. Tâchons de réfléchir avant d’agir, de penser avant de tirer, peu importe de quoi sont faites nos munitions.

Les questions restent : qui de l’homme ou de l’animal sortira vainqueur ? Quelle est vraiment la victoire pour l’un et l’autre ? Et quel est donc ce fameux poids du papillon, imperceptible mais peut-être de trop ? Je vous laisse le découvrir.

Pour en savoir plus

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Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Le monde de Tran


 

Et vous, avez-vous une soudaine envie de montagnes ?

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