« Mandela et le Général » de John Carlin et Oriol Malet (Seuil-Delcourt, 2018)

Aujourd’hui nous fêtons à l’échelle du monde l’anniversaire des 100 ans de la naissance de Nelson Mandela, symbole de la paix pour l’Afrique du Sud et de la fin de l’apartheid. Difficile de passer à côté de ce jour de commémoration et j’ai souhaité le faire avec ce roman graphique qui se déroule à partir de 1990. Je n’ai malheureusement pas eu le temps de lire Lettres de prison, paru la semaine dernière et positionné en bonne place dans ma PAL estivale.


Quatrième de couverture : « Quand le rêve de démocratie de l’Afrique du Sud faillit s’achever dans le sang. John Carlin témoigne de ces semaines décisives au cours desquelles Mandela réussit à séduire le général et ses milices d’extrême-droite.

Constand Viljoen, général des armées sud-africaines pendant l’apartheid, prend la tête des milices d’extrême-droite à la veille des premières élections démocratiques du pays. Cinquante mille hommes constituent cette nouvelle armée boer en 1993. Ce sera l’un des plus grands défis que devra relever Nelson Mandela, qui, à force de patience et de charisme, réussira à éviter la guerre civile. »


La bande dessinée peut faire passer de grandes idées, c’est évident et cela se confirme avec cet ouvrage dont le scénariste, John Carlin, est particulièrement documenté. Il a d’ailleurs eu l’occasion de s’entretenir à plusieurs reprises avec Nelson Mandela mais également avec le Général Viljoen. Deux positionnements idéologiques et politiques bien éloignés qui ont malgré tout réussi à se rencontrer.

Le récit, de fiction comme l’ouvrage le précise dans ses dernières pages, se base cependant sur des faits réels et se déroule grâce aux propos du Général Viljoen. Ce positionnement est surprenant mais peu à peu nous comprenons et c’est une phrase attribuée à Nelson Mandela qui aide à la compréhension.

« Pour le battre, nous devons comprendre sa logique, nous mettre à sa place. »

C’est également ce que nous sommes forcés de faire lors de cette lecture qui nous fait cheminer dans les idées du Général et leurs évolutions. Convaincu de la supériorité blanche, son éducation l’a fort bien modelé, il va cependant peu à peu faire confiance à Nelson Mandela pour éviter un bain de sang à l’Afrique du Sud alors que son parti d’extrême droite n’attend qu’une chose : régler la question par les armes, quoi qu’il en coûte. Un parti d’extrême droite dont le drapeau et la haine rappellent des heures bien sombres… C’est une relation de recherche de compréhension et d’écoute qui va s’établir. Ce n’est pas une volonté de lutte martiale, mais de trouver un terrain d’entente qui devient vital.

Ce roman graphique est fort et factuel, il permet de comprendre une période historique complexe qui ne remonte pas plus loin qu’hier. En 1994 ont lieu les premières élections démocratiques ouvertes à tous.

L’ouvrage se termine sur quelques pages rétrospectives du travail journalistique de John Carlin, ainsi que sur des précisions documentaires bienvenues : j’apprécie toujours ces contenus supplémentaires. Un beau livre qu’il ne faut pas hésiter à mettre entre toutes les mains.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : SambaBD


 

Et vous, que vous inspire cet anniversaire ?

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