« Monsieur Coucou » de Joseph Safieddine et Kyung Eun Park (Le Lombard, 2018)

L’histoire de base, celle d’Allan [Abel], touche à l’exil, le sentiment de rejet de son pays d’origine, la reconstruction de sa vie ailleurs en laissant derrière soi une grande partie de sa vie et de sa famille.


Quatrième de couverture : « Abel est un émigré. Comme tant d’autres, il a dû fuir sa terre natale à cause de la guerre. Exilé en France, il a fait son nid dans la famille de sa femme et tiré un trait sur ses racines.

Mais un jour il doit retourner sur cette terre dont il s’est senti rejeté. Comment gérer le retour au pays, après des décennies d’absence, quand on a été contraint de renier ses origines pour continuer à vivre ?

Entre appartenance et identité brisée, Abel va tenter de se retrouver. »


J’ai aimé cette bande-dessinée mais j’ai eu du mal à appréhender le contexte sociohistorique du départ d’Abel du Liban. Il y a peut-être un petit manque de contexte, mais l’histoire amène des clés qui permettent de se renseigner davantage par la suite. Ainsi, nous découvrons au fur et à mesure du récit les raisons du départ d’Abel en France, où il deviendra Allan. Mais le retour au Liban s’impose autant qu’il aura fallu le motiver sérieusement et la seule raison qui fait revenir le protagoniste sur sa terre natale est l’espoir de trouver de quoi soulager sa belle-mère, dont il est très proche et qui est en phase terminale.

C’est ainsi qu’il renoue contact avec sa famille et le Liban, c’est ainsi qu’on découvre les failles et les blessures du personnage, miroirs des plaies de ce pays. Le père d’Abel a été tué et Abel a fui. De ces deux faits, sa mère ne lui pardonnera rien. Ce drame se déroule, de ce que j’ai déduis, durant la guerre du Liban (qui démarre en 1975) au coeur de laquelle la question de l’accueil des réfugiés palestiniens divisait la population libanaise. Abel et son père, pour l’intégration des réfugiés, le paieront chacun à leur manière.

Ce roman graphique aborde autant les questions d’ouverture aux autres, les réfugiés du Liban ont pour écho le personnage d’Allan, intégré en France ; l’acceptation du passé et des choix difficiles qui ont dû être faits et enfin, le pardon (pour soi et les autres) et le refus de la vengeance envers les bourreaux (ici les meurtriers du père d’Abel). Le contexte de cette histoire dépasse les frontières et puise sa force dans son message universel.

Un mélange subtil d’une histoire personnelle intégrée dans la grande histoire, des personnages avec beaucoup de caractères, très intéressants. Un ensemble très plaisant, notamment graphiquement, mais qui manque peut-être un de peu de contexte historique (je suis pénible avec mon besoin de contexte, je le concède).

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : C’était pour lire • Marque-Pages, Buvard, Pense-Bêtes & Cie… • Mes échappées livresques • L’accro des bulles


 

Et vous, avez-vous un livre sur l’histoire du Liban à conseiller ?

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