« Dora » d’Ignacio Minaverry (L’Agrume, 2012)

Gibert Joseph est peut-être la librairie que je préfère et avec laquelle j’ai vraiment un rapport sentimental. Passer faire le plein de belles lectures prévisionnelles m’a permis de tomber par hasard sur cette bande dessinée que j’avais repérée au cours de l’une de mes nombreuses pérégrinations numériques. La Shoah sous l’angle de la chasse aux nazis, il ne m’a pas fallu hésiter beaucoup pour ramener avec moi cet ouvrage (le premier d’une série de trois tomes) plus complexe qu’il n’y paraît.


Quatrième de couverture : « Allemagne, 1960. Dora, jeune juive dont le père est mort en camp de concentration, travaille comme archi­viste au Berlin Document Center. Confrontée à l’horreur des crimes nazis, elle entreprend sa propre enquête. Elle rejoint sa mère en France, se lie à un groupe de jeu­nes communistes de Bobigny, puis fait la connaissance d’un espion israélien qui lui propose de partir en Argen­tine sur les traces de Mengele, le célèbre médecin nazi d’Auschwitz… À travers ces rencontres et ces aventures, Dora reconstitue une partie de sa propre histoire et passe de l’adolescence à l’âge adulte.

Dora est une aventure passionnante qui nous entraîne dans le contexte géopolitique de l’après Seconde Guer­re mondiale. Chasse aux nazis rocambolesques à travers le monde, c’est aussi un récit historique et documentaire, et un roman d’apprentissage palpitant. Cet ouvrage a rencontré un grand succès d’estime et commercial en Argentine. »


L’histoire ne se concentre pas uniquement sur la poursuite de Josef Mengele, elle se déroule dans un contexte socio-politique marqué par la guerre d’Algérie, par la Guerre froide également. Le monde est en mouvement et des plaies sont encore très vives, notamment pour Dora Bardavid qui a perdu son père, déporté.

« – Tu sais pourquoi je m’appelle Dora ?
– Pourquoi ?
– À cause du camp de Dora-Mittelbau où ils ont emmené mon père. Ma mère m’a donné ce nom pour que je n’oublie jamais d’où je viens. »

Installée en colocation avec Lotte à Berlin, Dora va être assignée à l’inventaire des archives saisies aux nazis à la fin de la guerre. Elle découvre alors des informations que très peu de gens connaissent et elle va commencer à faire des copies pirates de certains documents, pour constituer ses propres archives, en lien avec un drame mondial qui n’aura pas épargné sa famille. Ce travail aux archives couplé à ses échanges avec Lotte sur son passé familial interroge l’après-guerre en Allemagne, la nouvelle génération dépositaire de ce poids parfois trop lourd à porter mais pourtant innocente.

Peu à peu, revenant en France et faisant de nombreuses connaissances, elle va être approchée par un espion qui l’invitera à partir en Argentine sur la piste de Josef Mengele. Traquer et arrêter ce nazi tristement célèbre sera sa seule motivation. Nous découvrons avec elle des techniques de détective et suivons les avancées de la recherche. Mais rendre la justice peut recouvrir plusieurs méthodes, ce qu’elle découvrira, et l’échec fait parfois partie de l’aventure. Malgré cela, il ne faut pas se désengager.

« Traquer les nazis, c’est comme chasser les fantômes avec un filet à papillons. »

J’ai aimé être emmenée dans cet univers aux multiples problématiques et découvrir le personnage de Dora qui se découvre elle-même à cet âge des entre-deux, mi enfant mi adulte mais qui commence à s’affirmer en tant qu’individu, en tant que femme, en tant que Dora.

Un ouvrage intéressant au graphisme très soigné, qui attend de trouver par hasard ses deux autres tomes dans les rayons d’une librairie…

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Comics Powder • Vu des yeux d’OliBD • U Lost Control


 

Et vous, avez-vous envie d’accompagner Dora ?

2 commentaires

  1. J’aime beaucoup moi aussi la librairie Gibert, mais n’étant pas parisienne, je n’ai pas l’occasion d’y aller très souvent. Je me rends à celle de Marseille quand j’y suis en déplacement pour le boulot, mais elle n’a rien à voir avec celle du Bd St Michel (même si j’y ai fait de très bonnes affaires) ..

    Aimé par 1 personne

    1. J’ai un attachement particulier pour le Gibert de Poitiers mais je me suis expatriée à l’autre bout de la France donc maintenant je vais à celui de Lyon qui n’est pas mal du tout. 🙂 C’est une librairie vraiment intéressante qui allie les grosses sorties à des titres plus anonymes, j’adore ! Malheureusement, je n’ai encore jamais eu l’occasion de passer dans celle de Paris. Bientôt peut-être. 🙂

      J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s