« La collecte des monstres » d’Emmanuelle Urien (Gallimard, 2007)

Je reviens aujourd’hui avec un recueil de nouvelles car, définitivement, j’adore ça ! Je découvre en même temps la plume d’Emmanuelle Urien, qui traite sans concession et avec humour noir ses personnages et les situations.


Quatrième de couverture : « La vie charrie des monstres. Des personnages discrets à l’existence encombrante, dont Emmanuelle Urien révèle l’histoire en quelques pages. De ces gens presque ordinaires elle dit le quotidien, dans ce qu’il a de moins glorieux et de plus sombre. Son écriture vive et mordante raconte leurs soumissions, leurs renoncements, et les étonnants sursauts qui les mènent à la démesure.

Quand je repense à nous, je vois deux grosses poupées molles et souriantes qui se tiennent par la main, se fixant avec la même expression imbécile, ignorantes du monde alors que c’est lui qui les tient, qui à son gré les lie ou les sépare, les déchire et les éventre.

La vie est là, calme et terrible. »


Ce recueil est le troisième écrit par l’auteure et les titres des précédents donnent aussi le ton de sa plume : Court, noir, sans sucre et Toute humanité mise à part.

Ce que j’ai aimé avec ces dix-huit nouvelles, c’est la diversité des sujets. Bien sûr, ils tournent autour de l’homme, de ses blessures, de ses travers et parfois de son courage, mais ils touchent à des périodes et des contextes variés, qui m’ont beaucoup plus.

J’ai aimé cette écriture de femme qui parle des femmes en ayant des mots justes, notamment avec Le pas du crabe et Leurre de gloire qui, avec leurs sujets difficiles, bénéficient d’une sorte de bienveillance.

Emmanuelle Urien aborde également la guerre et ses conséquences sur l’homme avec Revenir ainsi que la Shoah avec Converti en grammes qui m’a littéralement donné un coup dans le bide ! Car c’est là l’une des grandes forces d’Emmanuelle Urien : tisser une histoire et ne rien nous laisser deviner jusqu’au dernier instant. Je me suis vraiment faite avoir sur la plupart des nouvelles construites pour avoir un effet de surprise.

Enfin, entre autres sujets, l’auteure aborde la question du racisme avec Tête de Turc, qui est assez violente ; de la différence et du regard du monde sur les êtres n’étant pas semblables à la masse avec Cas de figure 38, que j’ai adoré mais qui laisse un goût amer en bouche, ou encore Zoologique.

Si vous aimez les nouvelles, je vous encourage à découvrir ce recueil mais vous n’en sotirez pas avec un sentiment de bien être ou de légèreté. Mais, qui a dit que la lourdeur n’était pas intéressante ? Personnellement, elle m’intéresse et j’ai été servie !

Pour en savoir plus

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Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Action-suspense • Chez Clarabel • Skriban • Livres de Malice


 

Et vous, avez-vous envie de passer du temps avec des monstres ce soir ?

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