Première rencontre de lecture avec Pascal Garnier et une chose est sûre : j’en redemande !

lune-captive-dans-un-il-mort.jpg« Martial et Odette viennent d’emménager dans une résidence paradisiaque du sud de la France, loin de leur grise vie de banlieue. Les Conviviales offrent un atout majeur : protection absolue et sécurité garantie – pour seniors uniquement.

Assez vite, les défaillances du gardiennage s’ajoutent à l’ennui de l’isolement. Les premiers voisins s’installent enfin. Le huis clos devient alors un shaker explosif : troubles obsessionnels, blessures secrètes, menaces fantasmées du monde extérieur. Jusqu’à ce que la lune, une nuit plus terrible que les autres, se reflète dans l’œil du gardien…

Avec beaucoup d’humour et de finesse, malgré la noirceur du sujet, Pascal Garnier brosse le portrait d’une génération à qui l’on vend le bonheur comme une marchandise supplémentaire. Une fin de vie à l’épreuve d’un redoutable piège à rêves. »

Lune captive dans un œil mort est un roman qui se lit comme un thriller psychologique, sur fond de critique d’une société qui cloisonne une partie de sa population en jouant sur la corde aussi sensible que facile de la protection.

Qui n’a jamais entendu parler de ces quartiers pour les seniors, ultra sécurisés, au soleil soit-disant toute l’année, comme un club de vacance à vie, enfin, pour ce qui en reste. Le décor est planté. Mais ce quartier est neuf et la solitude pèse sur les premiers habitants, qui attendent comme ils redoutent les futurs résidants.

Peu à peu, un groupe de six (à sept) personnages va s’installer et les travers de chacun vont se dévoiler pour construire une intrigue tendue, qui tient en alerte et en haleine. Le dénouement a été une surprise et j’ai adoré ce suspens sans que le livre tombe complètement dans un univers noir. Nous oscillons tout au long de la lecture entre les portraits abîmés, les tranches de vies passées et la tension qui s’installe doucement mais sûrement.

Se confrontent également différentes vision du monde et de la société selon les personnes et les couples des Conviviales et les sujets de discussion. Un ton très libre qui permet autant de rire (souvent jaune) que d’adorer détester certains personnages et de souffrir avec d’autres. Un voisinnage dysfonctionnel dans un univers loin du réel et de l’idéal convoité. Comment ce savoureux mélange pourrait-il bien finir ?

Un huis clos sur un sujet qui change (en tout cas pour ma part) et qui se lit avec une facilité déconcertante tant nous sommes presque un œil discret, peut-être l’une des caméras du quartier, là pour voir sans pouvoir agir.

Décédé en 2010, Pascal Garnier a laissé derrière lui de nombreux romans adultes et recueils de nouvelles, dont une grande partie a été publiée aux éditions Zulma. Il a également réalisé une somme impressionnante de romans pour la jeunesse. Il n’y a que très peu de doute : cet auteur risque de m’accompagner à nouveau dans mes voyages littéraires.

Pour en savoir plus

 


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