« 36 heures de la vie d’une femme (parce que 24, c’est pas assez) » d’Agnès Bihl (Don Quichotte, 2013)

Une nouvelle découverte au hasard qui ne m’a pas laissée indifférente, très loin de là ! Ce recueil de nouvelles est aussi terrible que génial, l’écriture sans concession d’Agnès Bihl m’a absolument convaincue et faite vibrer : de rire comme d’horreur.


Quatrième de couverture : « 36 heures… ou les débordements d’une galerie de rencontres imaginaires ou non, tour à tour drôles, émouvantes, inquiétantes, révoltantes.

Pleure pas, Casanova. Ils débarquent les mains dans les poches, la cigarette au bec et le sourire aux lèvres. Valmont, Casanova, deux faces de la même plaie, dragueurs impénitents, charmeurs impertinents. Mais même chez ces Don Juan, parfois le cœur a ses prisons que la raison ignore… Bon dieu, mon vieux. Je suis mort par étourderie, mardi soir à 21 h 15. Mes funérailles sont chics, j’ai vraiment de la chance. Ma femme, mes enfants, mon frère, mes amis sont tous au rendez-vous ; je les vois défiler les uns derrière les autres et pleurer ma mémoire… Les cons. Toubib or not toubib ? Quand un psy renommé, mais hélas surmené, se tue au travail pour sauver ses patients, il se peut qu’il devienne un serial docteur. À force de soigner, ça fini par saigner… ce sont les risques du métier. Le baiser de la concierge. Je me souviens de ces gamins que je n’ai jamais rencontrés. François. Myriam. Et Serge. Une adresse ? Rue Bleue. Une date ? 1942. Un Crime ? Être juif. Trois mômes, trois garnements qui jouaient au shérif avec leurs étoiles jaunes, dans la cour d’un immeuble où régnait une dame qui aimait les enfants… La Manif. Mon cher Jésus, j’espère que tu vas bien. Figure-toi qu’avec les Bénévoles du Bienheureux Calvaire des Fœtus Suppliciés, nous allons dès demain, et la main dans la main, porter Ta Sainte Parole et honorer Ton Nom. C’est bien la première fois que je vais manifester, je me sens toute émue. Que de préparatifs… mon dieu. Tu ne te rends pas compte. Tout pour plaire. Cake : nom masculin. 1/Gâteau garni de raisins secs et fruits confits. 2/Garçon dénué d’intelligence, bête à manger du foin. 3/Synonymes : blaireau, patate, andouille, corniaud. Ou quand une brève de comptoir révèle surtout des rêves de cons. »


Quand je dévalise Emmaüs, je vais vite. Un mot d’ordre : efficacité ! C’est ainsi que je me retrouve parfois avec des livres dont en fait je n’avais pas compris la quatrième de couverture (un seul mot peut faire basculer un livre dans mon cabas). Par exemple, ça a beau être marqué sur la couverture, j’ai découvert après coup que ce livre est un recueil de nouvelles : première bonne surprise !

Je me suis donc lancée et j’ai été immédiatement hypnotisée par le ton très cash de l’auteure. Une écriture aussi libre que dynamique qui m’a immédiatement emportée avec elle. Les nouvelles abordent des sujets variés même s’ils ont pour fils rouges le bistrot du coin où bosse Camille et où tout le monde se connaît, finalement, ainsi que les histoires de couple et les rapports entre les hommes et les femmes, entre les gens.

Au fur et à mesure c’est presque un film de quartier qui se construit, dont la vie des habitants d’hier et d’aujourd’hui s’entrecroisent. Mais en réalité c’est un album qui est en arrière-plan. En effet, Agnès Bihl s’est lancée le défi de réaliser ce livre en parallèle d’un album. Si vous souhaitez le découvrir il porte le même nom que le livre. Le principe est de reprendre chaque chanson et d’en faire une histoire, parfois en prenant un contre-pied. La dernière partie du livre est le journal de bord de l’auteure, plutôt amusant et bravo à elle pour cette performance de création ! L’occasion de croiser le nom d’Yves Jamait, qui l’a rappelé à ma mémoire car je l’ai tellement aimé ! Donc ça me permet de vous conseiller cette auteure et artiste plus largement, car son écriture n’en est pas éloignée.

Des nouvelles, certaines m’ont fait rire, d’autres m’ont émue et d’autres m’ont tordu les entrailles. Je suis juste passée par une quantité d’émotions à la minute que j’étais presque crevée. Mais je vous préviens : jetez-vous dessus et accrochez-vous !

« Ne jamais reculer devant un mauvais jeu de mots, j’ai des principes dans la vie. »

Après lecture, après écoute, je préfère le livre d’Agnès Bihl à son album, mais vraiment parce qu’il était difficile de dépasser le plaisir que j’ai eu à le lire ! Et avec la comparaison d’Yves Jamait, difficile aussi de surpasser les émotions auditives qu’il m’a procuré depuis dix ans en arrière… Mon dieu, que le temps passe !…

Une très belle découverte ! Je ressors de cette lecture avec trois envies : prendre l’apéro avec Agnès Bihl, lire un autre livre de cette auteure, retourner voir Yves Jamait en concert !

Pour en savoir plus

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Et vous, connaissez-vous cette artiste et ses œuvres ?

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