« Macadam » de Jean-Paul Didierlaurent (Gallimard, 2018)

Initialement paru en 2015 aux éditions du Diable Vauvert, ce recueil rassemble des nouvelles primées ou finalistes de prix littéraires. En achetant ce livre, j’attendais donc beaucoup de Jean-Paul Didierlaurent, que je n’avais encore jamais lu. J’avais failli craquer en début d’année avec le Liseur du 6h27, mais j’ai toujours un peu peur de la littérature qui semble être feel good. Ce que j’aime, ce sont les claques dans la tronche, c’est comme ça. *Tout va bien*


Quatrième de couverture : « Pour tromper l’ennui lors des confessions, un prêtre s’adonne à un penchant secret. Une jeune femme trouve l’amour aux caisses d’un péage. Pendant la guerre, un bouleau blanc sauve un soldat. Un vieux graphologue se met en quête de l’écriture la plus noire. Une fois l’an, une dame pipi déverrouille la cabine numéro huit.

Onze nouvelles primées à travers la France, qui ont révélé l’univers noir, drôle et poétique de Jean-Paul Didierlaurent, et ont donné naissance aux personnages du Liseur du 6 h 27. »


Pour le coup, je me suis pris quelques claques en lisant ce recueil. Quelques mains dans le dos, posées avec benveillance aussi. Mais Jean-Paul Didierlaurent sait parler de l’horreur de l’absurdité humaine sous couvert d’une innocence qui rend le tout parfois assez violent. Cela a notamment été le cas avec la nouvelle Rose sparadrap qui m’a juste retourné le bide.

Chaque nouvelle se distingue par son sujet ou son positionnement, toujours faussement banal pour devenir carrément original ou fort, et parfois une vraie poésie s’installe. J’ai notamment beaucoup aimé la douceur et la candeur du Jardin des étoiles qui parle d’un enfant dont le père est mort mais qui a du mal à comprendre où il est parti. Parfois encore, s’invite l’humour noir, comme dans Mosquito qui pourrait être un très chouette court-métrage.

Les sujets se focalisent sur les hommes, les femmes, les regards d’enfants sur la vie et ce qui les entoure, ce dont ils peuvent être victimes. Les nouvelles parlent de drames, de deuils et de reconstructions, mais également de personnes qui peuvent partir en vrille. C’est simple, ça se lit comme ça vient, chaque nouvelle a une construction vraiment équilibrée, la longueur parfaite, juste ce qu’il faut pour entrer dans l’histoire et être surpris. Car l’effet de surprise sur des textes aussi courts, il faut quand même le faire !

Étant donné que je lis souvent sur la Shoah, je fais l’effort (salué par mon conjoint) de changer un peu de sujet de lecture. Il m’arrive cependant sans m’y attendre, de croiser l’ombre de ce drame dans des lectures n’ayant pas de lien de prime abord. Eh bien il y a une référence dans ce recueil. Si cela vous intéresse, elle concerne la nouvelle Temps mort. Elle invite à tirer des leçons du passé pour ne plus laisser la haine prendre le dessus.

Je ressors de cette lecture avec l’envie d’en découvrir plus sur les écrits de Jean-Paul Didierlaurent et en vous recommandant ce recueil qui, malgré une nouvelle particulièrement difficile, est un moment de lecture agréable.

Pour en savoir plus

 

Et vous, avez-vous aimé des livres de cet auteur ?

Commentaires

2 comments on “« Macadam » de Jean-Paul Didierlaurent (Gallimard, 2018)”
  1. Elmdora dit :

    Je suis pas une grande adepte des nouvelles…
    Il faudra que je trouve un autre titre pour découvrir l’auteur !

    Aimé par 1 personne

  2. Usva K. dit :

    Je vais tenter son autre livre paru récemment en poche « Le liseur du 6 h 27 », a priori c’est bien un roman et non des nouvelles.

    J'aime

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