« L’oasis » de Xavier-Laurent Petit (L’École des Loisirs, 1997)

Réédité en mai 2018, ce livre est initialement paru en 1997. Et ce qui saute aux yeux et aux neurones c’est que ce texte n’a pas pris une seule ride !


Quatrième de couverture : « Il y a quelques jours encore, la vie d’Elmir était une vie normale. Le matin, dans le tramway qui l’emmenait au collège, il faisait du troc avec son meilleur ami, Ismène. Ensemble, ils allaient manger les beignets de la vieille Nourrédia. Le soir, il jouait avec Naïa, la fille des voisins.

Et puis les attentats ont commencé, et bientôt la ville s’est trouvée prise dans un étau entre la terreur que font régner les Combattants de l’ombre, le couvre-feu, les contrôles permanents. Elmir n’a plus le droit d’aller seul au collège. Son père, qui est journaliste à La liberté est menacé. La bibliothèque où travaillait sa mère a été incendiée… »


Elmir est un petit garçon comme les autres, insouciant et qui veut vivre libre. Il va découvrir la violence des hommes et la haine irrationnelle, dans l’Algérie de son enfance, ce pays qu’il ne va plus reconnaître. Les attentats se multiplient, les menaces sont de plus en plus proches, c’est une période de vie en résistance qui s’annonce. Ce livre parcourt les rues et les histoires, les relations et les incompréhensions, le courage aussi.

Ce roman se lit vite, je ne veux donc pas trop en dire, mais sa force est aussi dans le fait qu’il dépasse les années de plomb qu’à connu l’Algérie, il dépasse un pays et une époque pour trouver du sens dans le présent et dans le futur. Il expose le danger des extrêmismes et montre la valeur de la liberté de chacun.

La peur, presque permanente prend la place vide laissée par l’insouciance. Elle passe des sueurs froides du garçon à nos tripes, car en ce qui me concerne, il n’y a rien de plus sacré et de plus fragile que l’enfance. Rééditer un ouvrage qui porte un tel appel à la liberté de penser et d’être est un acte bienvenu. Les enfants comprennent les injustices, n’est-ce pas eux qui les soulignent le plus au quotidien ?

Ce livre est aussi un livre d’amitié et d’amour. L’amitié, qui transcende aussi les générations, sera salvatrice pour Elmir et sa famille. Elle pourra aussi être source d’angoisse et d’incompréhension, de rupture. L’amour, c’est celui qu’Elmir porte à ses parents, qui risquent leur vie et leur santé au quotidien pour ne pas laisser la menace gagner. Et parfois, comme avec Naïa, l’amitié et l’amour se rencontrent à la croisée des chemins.

En conclusion, c’est un très beau livre qui sera peut-être encore réédité en 2038, en espérant qu’alors son message sera plus lié au passé qu’au présent ou au futur. Oui, je suis un peu naïve parfois, mais une partie de moi veut vraiment y croire.

Pour en savoir plus

 

Et vous, avez-vous un livre sur ce sujet à conseiller ?

3 commentaires

  1. Je ne connaissais pas du tout merci beaucoup! Thématique très forte et malheureusement d’actualité..!
    J’avais lu « Les Cerfs-volants de Kaboul » de Khaled Hosseini qui m’a boulversée..

    J'aime

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