« L’atelier des gueules cassées » de Sybille Titeux de la Croix et Amazing Ameziane (Marabout, 2018)

Cette bande-dessinée me faisait de l’œil depuis le début de l’année et j’ai enfin pu la découvrir ! Une très belle découverte, que ce soit au niveau du scénario, de la construction des personnages ou encore du dessin.


Quatrième de couverture : « Anna Coleman, sculpteur, va mettre au point des prothèses faciales pour les gueules cassées de la grande guerre. Le récit se déroule pendant la première guerre mondiale. Dans les tranchées en 1917 et à Paris en 1919.

Anna Coleman est une américaine marié à un médecin de Boston. Passionnée par la sculpture qu’elle a étudié avec Rodin, elle va revenir à Paris lors que la première guerre éclate. Elle accompagne son mari lorsqu’il se porte volontaire pour diriger un hôpital militaire. Elle découvre l’horreur de la guerre et les mutilations des soldats.

À Londres, elle visite le Tin nose shop un magasin de nez d’étain. Elle a trouvé sa vocation  : créer un procédé de reconstruction faciale pour permettre aux gueules cassées de retrouver leur dignité et de continuer tant bien que mal à avoir une vie sociale et amoureuse. »


Si au départ je n’ai pas vraiment accroché au dessin, je me suis très vite habituée et imprégnée de l’ambiance graphique. Finalement, j’ai aimé ce coup de crayon qui sait se faire rugueux ou doux quand le propos le requiert. Ce qui en soit, est une grande qualité car le ton des différents passages du livre s’est très bien installé.

Nous suivons trois personnages, trois tranches de vie. Si le propos de départ est l’installation du cabinet de création de masques pour les gueules cassées, à l’initiative d’Anna Coleman, nous découvrons aussi la vie d’Antonin de Mussan et de Félix Bontarel. Ils ont des grades différents lors de leur passage au front et des vies différentes aussi. Mais l’épreuve de la mutilation leur fait un point commun qui va les lier et les entraîner sur des chemins dangereux. La folie n’est jamais loin quand le malheur est grand, quand on a perdu une partie de soi et qu’on ne se reconnait plus.

Ce livre est une histoire sur la guerre, sur l’engagement ainsi que sur la reconstruction physique comme psychologique. Je n’ai aucun doute sur le fait qu’il touche un grand nombre de lecteurs car, outre son positionnement historique, il peut avoir une portée qui ne se résume pas à ce conflit. Mais la question des gueules cassées, c’est vrai, est très liée à la Première Guerre mondiale et j’ai aimé que ces hommes soient au cœur d’une histoire et pas laissés au banc de la société.

« Les défigurés de la guerre avaient comme consigne de l’État de rester cachés le jour pour ne pas démoraliser le peuple qui ne voulait voir de son armée qu’un visage conquérant. Aussi, c’est la nuit que ces hommes surgissaient de partout et que Maynard avait pu les voir arpenter les rues comme des êtres d’un autre monde. »

Le dénouement est peut-être un peu rapide. Il est positif, ce qu’il faut souligner étant donné le sujet, les pathologies psychiatriques liées à la Première Guerre mondiale ayant été vraiment très lourdes. Une fin plutôt lumineuse et emprunte d’espoir qui clôt en beauté ce roman graphique qui ne nous épargne cependant pas la réalité de ce conflit. Un biopic bienvenu sur cette histoire méconnue, quelques photographies d’archives à la fin du livre viennent sceller son impact sur le lecteur.

Pour en savoir plus

 

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