« L’obsolescence programmée de nos sentiments » de Zidrou et Aimée de Jongh (Dargaud, 2018)

La couverture de ce roman graphique est juste sublime, la quatrième de couverture promettait une belle histoire, humaine. Autant dire que je n’ai pas tergiversé longtemps avant de le précommander auprès de mon libraire ! Résultat de la lecture : aucun regret, bien au contraire.


Quatrième de couverture : « Lui, il s’appelle Ulysse. Il est veuf depuis plusieurs années et lorsqu’il perd son travail de déménageur, à 59 ans, une grande solitude s’empare de lui. Impossible même de s’entourer de ses enfants : sa fille est morte dans un accident à l’âge de 16 ans et son fils est très pris par son travail.

Elle, c’est Mme Solenza. Méditerranée de son prénom, 62 ans au compteur. Ancien modèle (elle a fait la couverture de Lui dans sa jeunesse !), elle ne s’est jamais mariée et tient la fromagerie de sa mère qui vient de décéder après une longue maladie.

Si leurs jours s’écoulent tristement et leurs occupations ne suffisent pas à masquer l’isolement qui est le leur, c’était sans compter un miracle émotionnel. Car entre cette femme et cet homme va se tisser une histoire d’amour d’autant plus belle qu’elle est tardive, et merveilleusement porteuse d’avenir… »


Ce récit est un bonbon, un peu amer au début avant de s’adoucir. J’ai toujours été convaincue que l’amour n’a pas d’âge, comme je suis également convaincue qu’il n’a pas de sexe. L’amour c’est juste l’amour.

Nous découvrons les vies d’Ulysse et de Méditerranée, deux quinquagénaires qui se rencontrent, avec leurs blessures respectives, et qui vont s’aimer. Le récit interroge la vieillesse, sa fatalité et son aspect vicieux qui veut que l’esprit ne vieillisse pas aussi vite. Le corps subit quand dans la tête tout reste en place, ce que nous renvoyons alors de nous se pose en une douloureuse contradiction avec ce que nous sommes. Mediterranée en souffre beaucoup, elle qui devient l’aînée de sa famille alors qu’elle est entre deux âges, comme l’on dit. Elle bascule dans la classe que l’on appelle les personnes âgées mais elle ne s’y sent pas à sa place. Ulysse est beaucoup plus détendu sur la question, mais c’est bien cet âge qui fera qu’il sera licencié en premier de son entreprise de déménagement.

L’amour ensuite. Celui qu’on associe aux jeunes années, aux corps frais et toniques, aux hésitations, aux questionnements qui te mettent le cerveau à l’envers, peut-être aussi à la gêne des premières fois… Eh bien rien de tout ça ne concerne Ulysse et Méditerranée. Car ils se rencontrent et se reconnaissent l’un dans l’autre et l’assurance que leur a donné la vie sera un moteur. J’ai aimé ce positivisme, que vieillir conserve des opportunités de bonheur dans une société où l’on considère souvent les vieux comme un fardeau.

Il ne s’agit pas d’une histoire qui met en opposition jeunes et moins jeunes, loin de là. Il est principalement question de bonheur et de rencontre, de dire que tant que la vie n’est pas finie, elle ne l’est vraiment pas. On appréciera malgré tout les quelques levées de boucliers des enfants, qui peuvent avoir du venin en réserve mais qui sont un miroir de la société, justement.

Je me suis beaucoup attaché à ces deux personnages, j’ai aimé la sincérité du discours et son originalité aussi, que ce soit sur le sujet ou sur le dénouement du livre. Je n’en dirai pas plus, je vous laisse le découvrir par vous-même, si vous cherchez un peu de douceur littéraire et visuelle.

Pour en savoir plus

 

Et vous, est-ce une thématique qui aurait retenu votre attention ?

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