Les prix littéraires du mercredi #04

Les lauréats des Prix des libraires du Québec ont été annoncés la semaine dernière. Je rattrape mon retard pour causes de congés (*feignasse*), en espérant créer l’envie de découvrir ces différentes parutions :

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  • La bête creuse de Christophe Bernard, paru aux éditions Le Quartanier, lauréat du Prix Québec-Ontario 2017 et du Prix des libraires du Québec dans la catégorie roman québécois :

« Gaspésie, 1911. Le village de La Frayère a un nouveau facteur, Victor Bradley, de Paspébiac, rouquin vantard aux yeux vairons. Son arrivée rappelle à un joueur de tours du nom de Monti Bouge la promesse de vengeance qu’il s’était faite enfant, couché en étoile sur la glace, une rondelle coincée dans la gueule. Entre eux se déclare alors une guerre de ruses et de mauvais coups, qui se poursuivra leur vie durant et par-delà la mort. Mais auparavant elle entraîne Monti loin de chez lui, dans un Klondike égaré d’où il revient cousu d’or et transformé. Et avec plus d’ennemis. Il aura plumé des Américains lors d’une partie de poker défiant les lois de la probabilité comme celles de la nature elle-même : une bête chatoyante a jailli des cartes et le précède désormais où qu’il aille, chacune de ses apparitions un signe. Sous son influence Monti s’attelle au développement de son village et laisse libre cours à ses excès – ambition, excentricités, alcool –, dont sa descendance essuiera les contrecoups.

Près d’un siècle plus tard, son petit-fils François, historien obsessionnel et traqué, déjà au bout du rouleau à trente ans, est convaincu que l’alcoolisme héréditaire qui pèse sur les Bouge a pour origine une malédiction. Il entend le prouver et s’en affranchir du même coup. Une nuit il s’arrache à son exil montréalais et retourne, sous une tempête homérique, dans sa Gaspésie natale, restée pour lui fabuleuse. Mais une réalité plus sombre l’attend à La Frayère : une chasse fantastique s’est mise en branle – à croire que s’accomplira l’ultime fantasme de Monti de capturer sa bête.

Comédie truculente, parente des Looney Tunes et du tall tale américain, où affleure une mélancolie crépusculaire, La bête creuse dépeint une Gaspésie hallucinée, creuset de prodiges et d’exploits inouïs. Avec ce premier roman, héritier de l’esprit des grandes œuvres comiques, de Rabelais à Thomas Pynchon, de Don Quichotte à Buster Keaton, Christophe Bernard nous offre une fresque foisonnante, une chronique familiale hors-norme, nourrie par l’humour et la langue irréductibles de cette Gaspésie qu’on se raconte encore là-bas, dans les bars d’hôtel ou au large de la baie des Chaleurs. »

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  • N’essuie jamais de larmes sans gants de Jonas Gardell, paru aux éditions Gaïa, lauréat du Prix Libr’à Nous 2017 et du Prix des libraires du Québec dans la catégorie roman hors Québec :

« 1982. Rasmus passe son bac et quitte la Suède profonde pour la capitale. À Stockholm, il va pouvoir être enfin lui-même. Loin de ceux qui le traitent de sale pédé. Benjamin est Témoin de Jéhovah et vit dans le prosélytisme et les préceptes religieux inculqués par ses parents. Sa conviction vacille le jour où il réalise qu’il est homosexuel. Rasmus et Benjamin vont s’aimer. Autour d’eux, une bande de jeunes gens, pleins de vie, qui se sont choisis comme vraie famille. Ils sont libres, insouciants. Quand arrive le sida. Certains n’ont plus que quelques mois, d’autres quelques années à vivre. Face à une épidémie mortelle inconnue, les politiques sociales ou sanitaires du modèle suédois échouent. Les malades séropositifs sont condamnés à l’isolement et à l’exclusion. Un témoignage unique sur les années sida, un roman bouleversant. »

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  • Betty Boob de Véro Cazot et Julie Rocheleau, paru aux éditions Casterman, lauréat du Prix BD de la FNAC 2018, du Prix Albérie-Bourgeois au Festival Québec BD 2018 et du Prix des libraires du Québec dans la catégorie bande dessinée québécoise :

« Le parcours d’une reconstruction tout en tendresse et chargé d’espoir.
Elle a perdu son sein gauche, son job et son mec.
Elle ne le sait pas encore, mais c’est le meilleur jour de sa vie. »

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  • Une soeur de Bastien Vivès, paru aux éditions Casterman, lauréat du Prix des libraires du Québec dans la catégorie bande dessinée hors Québec :

« – Y a beau avoir plein de monde, j’ai toujours l’impression d’être toute seule.
– Même quand t’es avec nous ?
– Non, avec vous c’est chouette. »

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  • À nous la ville ! de Jonathan Durand Folco, paru aux éditions Écosociété, lauréat du Prix des libraires du Québec dans la catégorie essai québécois :

« Les villes peuvent-elles changer le monde ? Considérées comme les espaces où se joueront en grande partie les luttes politiques du XXIe siècle, les villes tardent pourtant à susciter l’attention qu’elles méritent dans les cercles progressistes. Pour Jonathan Durand Folco, la gauche doit urgemment investir cet espace politique qui est au centre des enjeux sociaux, économiques et écologiques du XXIe siècle et qui possède un potentiel de transformation inédit.

Prenant appui sur de solides bases théoriques, nourri des expériences d’ici et d’ailleurs, l’auteur expose les contours d’une nouvelle stratégie politique : le municipalisme. Il montre que la ville est au cœur des contradictions du capitalisme avancé, qu’une tension de plus en plus forte s’exprime entre le développement de la « ville néolibérale » et les revendications du « droit à la ville », et que la question écologique, la spéculation immobilière et la défense des communs sont au centre des mobilisations citoyennes.

Cherchant à dépasser le clivage ville/région et à surmonter les écueils posés par les stratégies de transformation sociale « par le haut » ou « par le bas », Jonathan Durand Folco donne des pistes pour s’organiser et passer à l’action. Comment penser le front municipal ? Comment articuler les échelles locale, nationale et internationale dans la perspective d’une République sociale vue comme Commune des communes ? À quels problèmes organisationnels faisons-nous face ? Cela passerait-il par la création d’un Réseau d’action municipale ? Et selon quelles valeurs et quels principes organisationnels ? Autant de questions auxquelles tente de répondre l’auteur pour réhabiliter la municipalité comme espace politique et vecteur de transformation sociale. »

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  • Les adieux de René Lapierre, paru aux éditions Les Herbes Rouges, lauréat du Grand prix du livre de Montréal 2017 et du Prix des libraires du Québec dans la catégorie poésie québécoise :

« Qu’est-ce que l’amour, et que fait-il de nous à la fin?

Pour ce onzième recueil de poésie aux Herbes rouges, René Lapierre rassemble ses forces et ses fragilités, et s’attaque à ces questions avec courage. Sur une période de cent années, l’auteur trace un portrait saisissant du monde dans lequel nous vivons. À la clé : l’amour, aussi essentiel que douloureux.

Avec l’adresse qu’on lui connaît et une maturité qui force l’admiration, René Lapierre entremêle la grande et la petite histoire jusqu’à effacer leurs frontières. Qu’il relate le premier vol au-dessus de la Manche ou évoque les femmes amérindiennes disparues, qu’il plonge dans les registres généalogiques de la Nouvelle-France ou dans ceux de sa propre famille, René Lapierre ouvre grand les bras. Pour lui tout amour est politique, parce qu’il est résistance : J’en appelle / au soulèvement. J’en appelle / à la révolte.

À ce nous expressément retourné dans le poème contre l’obsession de l’argent, la haine de la parole [et] l’amour du pouvoir, René Lapierre offre ce livre comme une bienveillance : je ne veux pas dire / donner mon indigence / mais mon débordement. »

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Et vous, des livres récemment primés vous font-ils envie ?

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