Les prix littéraires du mercredi #03

Les lauréats du Goncourt des catégories nouvelles et premier roman ont été annoncés la semaine dernière. Si Microfictions 2018 de Régis Jauffret me fait de l’oeil depuis des mois (je l’avais commencé mais je n’avais pas pris le temps de l’acheter), je suis plus sur la retenue concernant Grand frère de Mahir Guven. Le sujet n’est pas évident à aborder, il y a des pièges peut-être à éviter, mais si le Goncourt l’a reconnu il doit carrément en valoir la lecture.

 

  • Microfictions 2018 de Régis Jauffret, paru aux éditions Gallimard (collection Blanche) en janvier 2018, prix Goncourt de la nouvelle 2018 :

A19768« Comme dans le précédent volume paru en 2007 dans la Blanche, ce nouveau Microfictions est un livre hors normes qui rassemble cinq cents petites histoires. Les textes sont classés par ordre alphabétique, d’Aglaé à Zéro baise. Le livre juxtapose le banal de vies ordinaires tout à la fois touchantes, cruelles, monstrueuses, à travers, par exemple, le drame d’un couple qui élève une enfant autiste, le quotidien d’un enseignant désabusé par ses élèves, les hallucinations d’une femme qui voit un ange se poser sur son épaule avant de l’emporter vers l’au-delà, un père et sa fille atteints tous les deux d’un terrible cancer, un banquier qui a raté sa vie, le combat d’un vieil homme qui ne veut pas que son fils l’euthanasie pour se débarrasser de lui… C’est également la description surprenante de personnages pris en étau dans notre époque, des histoires à la fois édifiantes et dérisoires, un directeur de maison de retraite aux méthodes peu conventionnelles, une femme qui est privée de la garde de ses enfants à cause de ses addictions, le directeur d’une clinique de chirurgie esthétique fasciné par les qualités de ses prothèses sexuelles, un couple qui exploite le manège du Luxembourg jusqu’à s’en rendre malade, ou un enfant mal aimé qui poignarde sa mère… Des situations banales qui dérapent en fait divers, des personnages ordinaires qui sont autant d’incarnations successives d’une humanité minée par la mégalomanie, le désespoir, et qui pourtant se bat et continue d’espérer en une situation meilleure.

Avec ce livre, l’auteur renoue pleinement avec la fiction. Le dispositif mis en oeuvre ici s’apparente au précédent Microfictions. On traverse le livre comme on traverse une foule.

On y reconnait les multiples visages de notre contemporain, comme autant de fragments de vie compilés. Régis Jauffret recherche l’effet d’accumulation pour amplifier le réel. Il fait jaillir du drame, le cocasse, ou de l’amour, la cruauté. Dans ces « mircrofictions 2018 » on perçoit les nouveaux contours de ce monde qui a été presque totalement arraisonné par le numérique depuis dix ans et où les situations les plus ordinaires menacent en permanence de déraper dans le conflit et l’absurde. » (Source Gibert Joseph)

 

  • Grand frère de Mahir Guven, paru aux éditions Philippe Rey en octobre 2017, prix Première 2018, prix Régine Deforges du premier roman 2018, prix Goncourt du premier roman 2018 :

livre_galerie_356.jpg« Grand frère est chauffeur de VTC. Enfermé onze heures par jour dans sa « carlingue », branché en permanence sur la radio, il rumine sur sa vie et le monde qui s’offre à lui de l’autre côté du pare-brise.

Petit frère est parti par idéalisme en Syrie depuis de nombreux mois. Engagé comme infirmier par une organisation humanitaire musulmane, il ne donne plus aucune nouvelle.

Ce silence ronge son père et son frère, suspendus à la question restée sans réponse : pourquoi est-il parti ? Un soir, l’interphone sonne. Petit frère est de retour.

Dans ce premier roman incisif, Mahir Guven alterne un humour imagé et une gravité qu’impose la question du terrorisme. Il explore un monde de travailleurs uberisés, de chauffeurs écrasés de solitude, luttant pour survivre, mais décrit aussi l’univers de ceux qui sont partis faire le djihad en Syrie : l’embrigadement, les combats, leur retour impossible en France… Émerge ainsi l’histoire poignante d’une famille franco-syrienne, dont le père et les deux fils tentent de s’insérer dans une société qui ne leur offre pas beaucoup de chances. »

 

Et vous, des livres récemment primés vous font-ils envie ?

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