« Bluebells Wood » de Guillaume Sorel (Glénat, 2018)

J’ai été immédiatement séduite par ce roman graphique en le feuilletant dans ma librairie et en voyant la beauté des illustrations et de leur colorisation. J’aime les bandes-dessinées one-shot, je les préfère aux séries : je n’aime pas attendre et c’est un tout autre travail de scénarisation que de devoir raconter une histoire sur un format qui reste court. Cela rejoint mon appétance pour les nouvelles d’une certaine manière.


Quatrième de couverture : « Depuis la disparition de sa femme, William vit reclus dans sa maison située entre une côte brumeuse et une forêt aux allures de conte de fées. Incapable de se reconstruire, il mène une existence solitaire et sans saveur, ne parvenant à se réfugier que dans la peinture. Ses seules visites de l’extérieur sont Victor, son ami et agent, et Rosalie, sa jeune modèle. Jusqu’au jour où William fait la rencontre d’une créature aussi belle que farouche et pour laquelle il nourrit des sentiments contradictoires : une sirène. Mais est-elle seulement réelle ? Ou ne s’agit-il que d’une illusion venue pour remplacer le fantôme de sa femme disparue ?

Après ses adaptations remarquées de Maupassant ou Zweig, Guillaume Sorel revient à un scénario original en signant cette très belle fable fantastique au cœur de la psyché d’un artiste en plein deuil. Un sujet fort qu’il parvient à transcender avec délicatesse par son sens de l’imaginaire et ses somptueuses illustrations en couleur directe. »


Mais pour faire une chronique, difficile de ne pas trop en dévoiler, car je tiens à pouvoir donner un avis sans vous gâcher une potentielles lecture.

Dans un premier temps, j’ai fermé le livre et je me suis dit : « Je crois que je n’ai rien compris. » La nuit portant conseil, j’ai remis mes idées en place ce matin et c’est venu (je comprends vite, mais il faut m’expliquer longtemps).

La vie de William oscille entre réalité et fantastique, voire hallucinations. Petit à petit, ce que nous pensions être des socles solides auxquels nous agripper s’effritent. Où est la réalité, où est le rêve ? C’est la question en trame de fond de ce récit, à laquelle le dénouement permet de répondre.

Dans l’introduction, Pierre Dubois cite Howard Philips Lovecraft :

« Les histoires fantastiques véritables doivent acquérir l’intensité de la réalité par une fidélité parfaite et très étroite de la Nature […]. L’auteur doit introduire peu à peu, et graduellement, des phénomènes anormaux allégés à chaque instant par un détail prosaïque et familier. »

Cette citation résume parfaitement la construction du trouble dans Bluebells Wood, cependant, je n’ai vraiment pas tout compris lors de ma lecture ce qui m’a un peu laissée avec un goût de trop peu.

Mais cela va mieux depuis que j’ai mon interprétation qui se résume à : qui est vivant et qui est mort ? La biche tombée de la falaise est-elle la seule à avoir couru trop loin ? L’abandon de la femme de William était-il de son fait ou du fait d’une disparition ?

Et la sirène dans tout ça me direz-vous ! Eh bien elle représente le passage à un nouvel état, un nouvel amour qui vient panser le précédent. Elle représente une créature qui aime alors qu’elle ne devrait pas aimer un homme. Elle représente le désespoir d’une condition qu’elle n’accepte pas, elle qui veut être femme, qui veut être dessinée par William, comme toute autre femme. Mais si elle n’était qu’une hallucination, si elle n’était qu’un rêve extrait d’une tempête ?

Glénat fait le lien entre ce roman graphique et un autre paru en début d’année : Chère créature (qui est beaucoup moins sujet à l’interprétation). En effet, ces deux livres abordent la question de la condition et le fait de transcender cette dernière par amour. Personnellement, j’ai aussi fait un petit lien au début avec le jeu vidéo Layers of Fear, pour ceux que ça intéresse (et qui aiment avoir les miquettes).

Pour en savoir plus


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : L’étagère imaginaireBd-Chroniques de Jacques SchraûwenBranchés Culture


Et vous, êtes-vous des habitués du fantastique ?

Commentaires

3 comments on “« Bluebells Wood » de Guillaume Sorel (Glénat, 2018)”
  1. Marilyne dit :

    J’en suis curieuse, j’avais beaucoup aimé Hôtel particulier de Sorel, qui jouait avec une dimension fantastique aussi.

    Aimé par 1 personne

  2. Blondin dit :

    J’aime beaucoup ton billet qui me permet de réfléchir à ma propre lecture (pour info mon billet est ici: https://etagereimaginaire.wordpress.com/2018/05/09/bluebell-woods/
    J’ai pas non plus tout compris et je crois qu’il a voulu mélanger un trop de thèmes pas forcément raccords. Sorel est toujours fasciné par Lovecraft et les thèmes romantiques qu’il introduits ne vont pas forcément avec. L’album reste très joli mais j’ai un peu séché sur le scénario.

    Aimé par 1 personne

    1. Usva K. dit :

      Pareil pour moi, j’ai du vraiment chercher pour trouver un sens à l’ensemble et ça m’a un peu déçue car je ne sais toujours pas si j’ai compris ce que j’ai lu. Dommage car les dessins sont juste à tomber par terre et le début du récit était très prometteur. Il faut dire que je ne connais pas du tout l’univers de Lovecraft, j’étais un peu mal partie… Hehehe !

      J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s